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Haïti–République dominicaine : PGNE réclame une enquête sur les violences présumées contre une fillette haïtienne de 13 ans

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Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Une enfant haïtienne de 13 ans aurait été séparée de son père, détenue dans plusieurs centres en République dominicaine puis retrouvée seule à la frontière après près de deux semaines de recherches ; la Plateforme Genre du Nord-Est réclame une enquête indépendante sur les circonstances de son arrestation, de sa détention et de son transfert, ainsi que sur de graves allégations de violences sexuelles, physiques et psychologiques

OUANAMINTHE, Haïti — 18 août 2026. La Plateforme Genre du Nord-Est (PGNE) demande l’ouverture urgente d’une enquête indépendante sur les circonstances entourant le traitement réservé à une fillette haïtienne de 13 ans en République dominicaine. Selon les informations recueillies par l’organisation auprès du père de l’enfant et après son retour en Haïti, la mineure aurait été arrêtée avec son père avant d’être séparée de lui et transférée dans plusieurs lieux de détention.

La jeune fille vivait et était scolarisée en République dominicaine, notamment dans la zone de Barbaro. D’après les informations communiquées à la PGNE, elle obtenait de bons résultats scolaires et avait terminé l’année précédente en tête de sa classe. Son père, Jean-Richard Cadeau, affirme avoir principalement assumé seul son éducation depuis son enfance.

Les événements auraient commencé le 31 juillet après une altercation avec des voisins qui fumaient dans leur cour. La jeune fille leur aurait demandé de cesser, expliquant qu’elle ne supportait pas la fumée. Selon le témoignage familial, la dispute aurait dégénéré en menaces et agressions. Le père aurait alors sollicité l’intervention de la police pour assurer leur protection.

D’après son récit, cette démarche aurait finalement conduit à l’arrestation du père et de sa fille, puis à leur transfert dans plusieurs centres, notamment à Higüey et Haina. La PGNE souhaite désormais établir les circonstances exactes de ces arrestations, leur fondement juridique, l’identité des agents impliqués et les décisions ayant conduit aux différents transferts.

Le 2 août, le père aurait été conduit vers la frontière haïtienne dans le cadre d’une procédure d’expulsion. Lorsqu’il aurait demandé où se trouvait sa fille, il lui aurait été répondu que la mineure serait expulsée séparément avec d’autres femmes. Arrivé en Haïti, il aurait attendu son enfant, en vain. Une recherche aurait alors été engagée, le père multipliant les appels et les démarches auprès des autorités et utilisant également les réseaux sociaux pour tenter de la retrouver.

Selon les informations communiquées à la PGNE, la famille aurait finalement appris, environ treize jours plus tard, que la jeune fille se trouvait du côté d’Elías Piña. Elle aurait été retrouvée seule et en pleurs après la fermeture de bureaux, avant que deux chauffeurs de taxi-moto ne contribuent à rétablir le contact avec son père et à l’accompagner jusqu’à Ouanaminthe, sur une distance d’environ 175 kilomètres.

La PGNE souligne que cette situation soulève des interrogations sur les mécanismes de protection des mineurs en contexte migratoire. Le père avait, selon l’organisation, alerté les autorités haïtiennes, notamment l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), qui aurait entrepris des démarches auprès du Conseil national pour l’enfance et l’adolescence (CONANI) en République dominicaine. Malgré ces recherches, la jeune fille n’aurait pas été localisée alors qu’elle aurait, selon son récit, été détenue au centre de Haina.

À son retour à Ouanaminthe, la mineure aurait été orientée vers la PGNE par le responsable d’un commissariat. L’organisation affirme que des démarches de prise en charge et d’évaluation médicale ont alors été engagées. Selon les déclarations rapportées par la jeune fille et les éléments médicaux communiqués à la PGNE, elle aurait subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques. Elle aurait également affirmé avoir été privée de nourriture et d’eau pendant plusieurs jours et avoir subi des pressions pour signer un document la présentant comme âgée de 18 ans, alors qu’elle déclarait avoir 13 ans.

La PGNE insiste toutefois sur le fait que ces accusations doivent être établies par une enquête judiciaire indépendante et contradictoire. Elle demande la préservation des preuves, notamment les registres de détention, les documents de transfert, les éventuelles images de vidéosurveillance, les dossiers médicaux et les communications entre les autorités dominicaines et haïtiennes. L’organisation souhaite également que les agents impliqués, dont un policier identifié dans le témoignage sous le prénom de « Juan », soient formellement identifiés et entendus.

Dans sa note, l'organisation estime que les faits allégués pourraient soulever plusieurs questions au regard des droits de l’enfant, de la protection contre les violences sexuelles, de l’intégrité physique et psychologique et des garanties applicables aux personnes migrantes. Elle rappelle notamment que les deux pays sont parties à la Convention relative aux droits de l’enfant et que la législation dominicaine prévoit des mécanismes spécifiques de protection pour les enfants et adolescents présents sur son territoire.

La PGNE appelle également les autorités haïtiennes à engager une démarche diplomatique auprès de leurs homologues dominicains et à assurer au père un accompagnement juridique et consulaire. Elle demande la récupération des documents et effets personnels de la famille ainsi qu’une coopération renforcée entre l’IBESR et le CONANI afin d’éviter que des enfants séparés de leurs parents ne restent sans localisation ni protection.

L’organisation demande enfin à la communauté des droits humains, aux institutions internationales et aux autorités des deux pays de suivre cette affaire et de garantir la protection de la mineure. Elle affirme vouloir accompagner la famille dans les limites de son mandat, documenter les faits et poursuivre son plaidoyer pour une enquête effective. « Une enfant n’est pas une frontière. Une enfant n’est pas un dossier migratoire », rappelle la PGNE, qui réclame que la nationalité de la victime ne constitue jamais un obstacle à la protection de ses droits et à l’accès à la justice.


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