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À Fort-Liberté et Ferrier, le consortium GFRD-ACDDF-TKFW met en œuvre, sur une période de deux ans, un projet destiné à améliorer les revenus des pêcheurs et des commerçantes de produits de la pêche, à renforcer leurs capacités techniques et organisationnelles, à réduire les pertes post-capture et à promouvoir une gestion durable des ressources marines et côtières dans les localités de Garde-Saline, Derac, Meillac et Mapou
Le consortium GFRD-ACDDF-TKFW met en œuvre un projet visant à améliorer la rentabilité de la pêche artisanale au bénéfice des pêcheurs et des commerçantes de produits de la pêche dans deux zones côtières du département du Nord-Est, notamment les communes de Fort-Liberté et de Ferrier.
Baptisé « Projet d’appui à la rentabilisation de la pêche artisanale au profit des pêcheurs et des commerçantes de produits de la pêche au niveau de deux zones côtières du Nord-Est : Fort-Liberté et Ferrier », le projet intervient notamment dans les localités de Garde-Saline, Derac, Meillac et Mapou.
D’une durée de deux ans, le projet est financé par le programme Ocean Community Empowerment and Nature, avec le soutien de l’agence UK International Development. Il vise principalement à renforcer les capacités des acteurs de la chaîne de valeur de la pêche artisanale, à améliorer leurs revenus et à favoriser une exploitation plus durable des ressources naturelles.
Des difficultés qui freinent la rentabilité de la pêche artisanale
Le projet part du constat que les communautés de pêcheurs et les commerçantes de produits de la pêche font face à plusieurs difficultés structurelles. Parmi celles-ci figurent le manque d’organisation et de structuration économique des communautés de pêcheurs, ainsi que la faible capacité technique et technologique des opérateurs intervenant tout au long de la chaîne de valeur.
Ces faiblesses contribuent notamment à des pertes importantes après la capture et à des manques à gagner pour les acteurs du secteur. Le manque de connaissances sur les bonnes pratiques liées à la pêche artisanale, à la conservation, à la transformation et à la commercialisation des produits constitue également un obstacle majeur.
À ces difficultés s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures et du réseau de distribution, notamment sur le plan logistique, ainsi que la faible capacité d’investissement des acteurs de la filière. Le manque de compétences et d’opportunités permettant d’organiser efficacement la distribution et la commercialisation des produits constitue également un défi.
L’absence d’une chaîne de froid adaptée représente enfin une contrainte importante pour la conservation et la valorisation des produits de la pêche.
Trois objectifs majeurs
Le projet poursuit trois principaux objectifs spécifiques.
Le premier consiste à former 200 personnes, parmi lesquelles des pêcheurs et des commerçantes, sur la gestion durable des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité.
Le deuxième vise à augmenter la capacité productive de la chaîne de valeur de la pêche artisanale, notamment à travers une meilleure organisation des acteurs au sein de coopératives et/ou d’associations.
Le troisième objectif est d’accroître les revenus et le chiffre d’affaires de 200 acteurs de la chaîne de valeur de la pêche artisanale, dont 80 femmes. Ces bénéficiaires sont issus d’au moins 80 ménages différents.
Plus de 200 bénéficiaires directs et 12 000 bénéficiaires indirects
Les bénéficiaires directs du projet sont au nombre de 200 pêcheurs et vendeuses de produits de la pêche, répartis au sein de 80 ménages et issus de cinq organisations de pêcheurs et de commerçantes.
Il s’agit du Groupman Fanm Vanyan Garde-Salin (FVS), de l’Organisation des Pêcheurs de Garde-Saline (OPS), de l’Association des Pêcheurs de Derac (APD), de l’Organisation des Pêcheurs de Meillac (OPM) et de l’Association des Pêcheurs de Mapou (APM).
Le projet estime par ailleurs à environ 12 000 personnes le nombre de bénéficiaires indirects.
Plusieurs activités réalisées au cours du premier trimestre
Au cours du premier trimestre de mise en œuvre, couvrant la période d’avril à juin 2026, plusieurs activités ont déjà été réalisées dans les zones ciblées.
Validation du projet avec les acteurs locaux
Les 7 et 8 avril 2026, des rencontres ont été organisées avec les acteurs locaux afin de procéder à la validation du projet. Ces rencontres ont réuni les représentants des cinq associations de pêcheurs et de commerçantes de produits de la pêche de Fort-Liberté et de Ferrier.
Les activités se sont déroulées dans les localités de Garde-Saline, Derac, Meillac et Mapou.
Mise en place d’un comité de pilotage
Le 10 avril 2026, un comité de pilotage du projet a été créé. Sa mission est de suivre le déroulement des activités, d’assurer le contrôle de la mise en œuvre du projet et d’intervenir lorsque des mesures correctives s’avèrent nécessaires.
Le comité compte neuf personnes, parmi lesquelles des coordonnateurs et coordonnatrices du consortium, des représentants des cinq associations de pêcheurs et de commerçantes de produits de la pêche, ainsi que des membres de CASEC.
La rencontre s’est tenue dans les locaux de l’AFASDA, à Fort-Liberté.
Une rencontre de socialisation pour informer le grand public
Le 24 avril 2026, une rencontre de socialisation a été organisée à Fort-Liberté afin de faire connaître le projet au grand public et de mettre en évidence son importance pour les communautés de pêcheurs et les commerçantes de produits de la pêche.
Quelque 60 personnes ont pris part à cette activité, notamment des pêcheurs et vendeuses issus des cinq associations de pêche, des représentants de la police, de la justice, de la BSAP, des organisations de la société civile ainsi que des autorités étatiques.
L’activité s’est déroulée dans les locaux de la Direction de la Protection civile, à Carrefour Chivry, Fort-Liberté.
Une foire pour promouvoir les produits locaux
Le 1er mai 2026, le consortium, en collaboration avec le RFEO, a organisé une Foire gastro-artisanale et des produits de la pêche autour du thème : « Nap manje manje kreyòl ak pwodui lapèch pandan n ap fè pwomosyon pwodui lakay ».
Cette initiative avait pour objectif de promouvoir l’art culinaire haïtien, l’artisanat ainsi que les produits issus de la pêche locale.
Les participants ont notamment pu découvrir et déguster différents produits et mets, dont des fruits de mer, des poissons bouillis et frits, du lalo, ainsi que des produits artisanaux tels que des bracelets et autres articles locaux. L’activité s’est tenue dans les locaux du RFEO.
Un congrès départemental consacré à la protection des océans
Le 23 juin 2026 s’est tenue la première édition du Congrès départemental sur la protection des océans à Gardien-Plage, Garde-Saline.
Organisée autour du thème « Lanmè an sante, lavi an sekirite : Fanm tankou Gason, an n mete tèt ansanm pou pwoteje richès maren Bè Fòlibète a », cette activité avait pour objectif de sensibiliser les pêcheurs et les commerçantes de produits de la pêche aux différentes menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins et côtiers.
Les discussions ont notamment porté sur la pollution marine, la coupe des mangroves, la dégradation de la biodiversité marine et le blanchissement des coraux. Les organisateurs ont également cherché à favoriser la réflexion autour de solutions durables face à ces problèmes.
Plusieurs intervenants ont présenté des exposés sur différents aspects de la protection des ressources marines. Roseline Norelus a abordé le rôle de la communauté et des femmes dans la préservation de la biodiversité marine, avec une attention particulière aux espèces menacées.
Piterson Monestime a présenté un exposé sur la protection des océans en Haïti, notamment sous l’angle du cadre légal et de son application.
De son côté, Adeline Ménélus, ingénieure-agronome, a traité de la pollution marine, de l’état des lieux et de l’importance de la population riveraine, particulièrement des femmes et des filles, dans la recherche de solutions.
Enfin, Arnold Charles-Pierre, formateur en techniques de base de la pêche artisanale, a partagé ses expériences et son vécu dans le secteur de la pêche.
Au total, 103 personnes, dont 48 femmes et 55 hommes, ont participé au congrès. Parmi elles figuraient 60 pêcheurs et vendeuses de produits de la pêche, le directeur départemental de l’Environnement, des agents de la BSAP et plusieurs représentants des autorités étatiques.
Une enquête pour mieux prendre en compte la dimension genre
Les 25 et 26 juin 2026, le consortium a également réalisé une enquête sur le genre dans les deux communes ciblées par le projet.
Cette enquête visait à établir une ligne de base sur la situation de genre dans le cadre du projet et à mieux comprendre les inégalités auxquelles les femmes sont confrontées dans la chaîne de valeur de la pêche artisanale.
Selon les responsables du projet, les femmes disposent souvent d’un accès limité aux ressources productives, aux équipements, aux formations, aux opportunités de financement et aux espaces de prise de décision.
L’enquête vise ainsi à favoriser une participation plus équitable des groupes vulnérables et à renforcer le rôle économique et social des femmes dans la chaîne de valeur de la pêche artisanale.
Au total, 55 pêcheurs et vendeuses de produits de la pêche, membres des cinq associations bénéficiaires du projet, ont participé à cette enquête. Les activités se sont déroulées à Garde-Saline, Derac, Meillac et Mapou.
Une intervention axée sur la durabilité et l’amélioration des revenus
À travers ces différentes activités réalisées durant son premier trimestre, le projet entend poser les bases d’une meilleure organisation de la filière de la pêche artisanale dans les zones ciblées du Nord-Est.
La formation des acteurs, la structuration des organisations, la promotion des produits locaux, la sensibilisation à la protection des écosystèmes marins et la prise en compte de la dimension genre constituent les principaux leviers mobilisés pour améliorer les conditions de travail et les revenus des pêcheurs et des commerçantes.
Au-delà de l’augmentation des revenus, le projet entend également contribuer à une gestion plus responsable des ressources marines et côtières, afin de concilier le développement économique des communautés avec la préservation de la biodiversité.
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