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Ouanaminthe, Nord-Est : un projet pour protéger les adolescentes face aux violences et aux risques sexuels

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Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Dans le Nord-Est d’Haïti, le Groupe Féministe Révolté d’Haïti lance une vaste initiative de sensibilisation et de protection destinée aux filles et jeunes femmes vulnérables, confrontées aux violences basées sur le genre, aux maladies sexuellement transmissibles et à l’abandon scolaire dans un contexte frontalier particulièrement fragile.


Le Groupe Féministe Révolté d’Haïti (GFRD) a procédé, ce mardi 26 mai 2026, au lancement officiel du projet intitulé : « Renforcement des droits des femmes vulnérables et promotion de la santé sexuelle et reproductive chez les filles de 12 à 17 ans », lors d’une cérémonie organisée dans la salle de conférence de la Fondation Gelin Raphaël, à Ouanaminthe.

Dans la commune de Ouanaminthe, au Nord-est d’Haïti, les adolescentes âgées de 12 à 17 ans vivent dans un environnement marqué par de fortes vulnérabilités sociales. Entre manque d’information sur leurs droits, insuffisance d’éducation sexuelle et reproductive et persistance des discriminations, plusieurs jeunes filles se retrouvent exposées à des violences, à des grossesses précoces et à l’abandon scolaire.

Cette réalité touche aussi bien le centre-ville de Ouanaminthe que les sections communales de Gens de Nantes, Savane Longue, Haut Maribaroux, Acul-des-Pins et Savane -au -Lait. Les familles, les écoles et les communautés disposent souvent de peu de moyens pour accompagner efficacement les adolescentes et créer des espaces sécurisés d’écoute et de dialogue.

Selon des données du Centre Médico-Social de Ouanaminthe (CMSO), les jeunes filles âgées de 12 à 25 ans représentaient plus de 73,5 % des cas de maladies sexuellement transmissibles recensés parmi les personnes dépistées. Les infections concernent notamment le VIH et la syphilis, dans un contexte où l’accès à l’information et aux soins reste limité.

La proximité avec la frontière dominicaine de Dajabón accentue également les risques. Les mouvements migratoires constants favorisent parfois des relations sexuelles non protégées ou forcées. Certaines jeunes filles traversent régulièrement la frontière pour des activités de survie, y compris la prostitution, avec des conséquences graves sur leur santé, leur sécurité et leur parcours scolaire.

La Coordonnatrice du projet, maître Mondesir Judeline, explique que cette initiative vise avant tout à créer un environnement protecteur pour les adolescentes. « Notre objectif est de permettre aux filles de connaître leurs droits et d’avoir accès à des informations fiables sur la santé sexuelle et reproductive afin de réduire les violences et les risques auxquels elles sont confrontées », souligne-t-elle.

Pour la Coordonnatrice du Groupe Féministe Révolté d’Haïti (GFRD), l’ingénieure Finfin Fania, la situation des adolescentes dans les zones frontalières nécessite une réponse urgente et coordonnée. Elle estime que les jeunes filles restent parmi les premières victimes des inégalités sociales et économiques dans la région de Ouanaminthe.

« Beaucoup de jeunes filles abandonnent l’école à cause des grossesses précoces, des violences ou de la pauvreté. Il est indispensable d’impliquer les familles, les écoles et les autorités locales afin de renforcer leur protection », affirme l’ingénieure Finfin Fania.

Le projet prévoit ainsi de renforcer les connaissances et les compétences de 300 filles âgées de 12 à 17 ans autour des droits humains, de la prévention des violences et de la santé sexuelle et reproductive. Des clubs de filles et des groupes d’échanges sécurisés seront également mis en place dans les six zones ciblées.

Maître Mondesir Judeline précise également que des formations seront organisées pour 120 parents et tuteurs afin d’améliorer la communication parent-enfant et prévenir les violences basées sur le genre. Le programme inclut aussi le renforcement des capacités de 60 enseignants et responsables scolaires sur la gestion des cas de violences et l’accompagnement des adolescentes.

De son côté, l’ingénieure Finfin Fania annonce l’organisation de campagnes communautaires trimestrielles et de dialogues publics avec les dirigeants locaux, les églises, les organisations communautaires et les autorités publiques. Un mécanisme local de référencement impliquant le ministère de la Santé publique, les écoles, la mairie et la police communautaire sera également instauré.

« Nous voulons construire une dynamique durable de plaidoyer pour défendre les droits des filles à Ouanaminthe. Ce projet doit permettre de renforcer l’autonomie des jeunes femmes et de réduire durablement les violences et les discriminations », insiste la Coordonnatrice du GFRD.

Le projet intitulé « Renforcement des droits des femmes vulnérables et promotion de la santé sexuelle et reproductive chez les filles de 12 à 17 ans » s’étendra sur une période de douze mois, de mai 2026 à avril 2027. Il bénéficiera directement à 300 adolescentes, 100 jeunes femmes âgées de 18 à 30 ans, 120 parents, 60 enseignants et responsables scolaires ainsi qu’à 40 dirigeants communautaires. Financée par l’Union européenne à travers le programme PAIESC, cette initiative dispose d’un budget global de 7 515 372,38 gourdes et sera exécutée par le Groupe Féministe Révolté d’Haïti (GFRD) dans la commune de Ouanaminthe et ses cinq sections communales.

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