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Élections générales et référendum constitutionnel simultanés : nos dirigeants ont-ils perdu la tête

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Par: Villardouin CERSINE; Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé place Haïti sur la voie d’une nouvelle catastrophe dont le pays pourrait avoir énormément de mal à se relever, en envisageant d’organiser simultanément des élections générales et un prétendu référendum constitutionnel, dans un contexte marqué par les soupçons de manipulation, de favoritisme et de manque de transparence.

Dès lors, même un étudiant de première année en sciences juridiques pourrait légitimement poser cette question fondamentale : sous quel régime constitutionnel ces élections seront-elles organisées ?

Cette interrogation en soulève immédiatement une autre : quelle Constitution encadrera finalement le pouvoir et le mandat des nouveaux élus ?

Pour contourner cette contradiction, une idée circulerait selon laquelle les candidats aux différents postes devraient signer un document par lequel ils accepteraient que leur mandat soit régi par la nouvelle Constitution, alors même que celle-ci n’aurait pas encore été définitivement consacrée par le peuple.

*Un pays en pleine confusion*
Peut-on sérieusement accepter une telle logique ? Peut-on permettre que les règles du jeu soient modifiées pendant que la partie se joue ? Les prédateurs politiques réunis pourront-ils porter ce dernier coup à la République ?

Devons-nous les laisser faire, au risque de voir les élections davantage exposées aux intérêts particuliers, aux réseaux d’influence et au crime organisé ?

Haïti est à la croisée des chemins.

Le référendum constitutionnel et l’organisation des élections constituent deux processus distincts, qui répondent à des logiques et à des exigences démocratiques différentes. Les confondre ou les organiser simultanément risque d’accroître la confusion institutionnelle et de fragiliser davantage la légitimité du processus politique.

Comment un candidat pourrait-il accepter de participer à des élections sans que les règles fondamentales soient préalablement et clairement établies ?

Dans quel cadre constitutionnel les élus exerceront-ils leurs fonctions ?

La Constitution fixe les règles fondamentales de l’État, organise les institutions et définit les pouvoirs respectifs du législatif, de l’exécutif et du judiciaire. Elle détermine également le cadre dans lequel les citoyens choisissent leurs représentants.

Dès lors, une question demeure incontournable : dans quel cadre constitutionnel les citoyens haïtiens seront-ils appelés à désigner leurs représentants aux différentes fonctions électives ?

Un danger se dessine
Si ce projet se réalise dans l’opacité et la confusion, il pourrait favoriser l’émergence d’une nouvelle classe de prédateurs politiques et d’autocrates capables d’exploiter le chaos, la faiblesse des institutions et le rapport de force au profit d’intérêts contraires à ceux de la nation.
J’en appelle donc à l’intelligence, à la vigilance et au sens des responsabilités du peuple haïtien.

Un choix historique se présente à nous. Il ne s’agit plus simplement de choisir entre participer ou ne pas participer. Deux visions de l’action citoyenne se confrontent : le refus de cautionner un système jugé illégitime ou la reconquête active de l’espace politique par une mobilisation massive, organisée et démocratique.

Dans les deux cas, une conviction doit demeurer : le peuple ne peut plus accepter d’être le simple spectateur de décisions qui engagent son avenir. Il doit redevenir l’acteur principal de son destin.

*Conscience, organisation et engagement citoyen*
Si les compatriotes de la diaspora et de l’intérieur partagent cette conviction, alors il est temps de dépasser les divisions, les découragements et les calculs individuels.

L’heure est à l’unité, à la vigilance et à la mobilisation. Chacun doit prendre sa part de responsabilité et renforcer l’engagement collectif afin que le peuple haïtien redevienne pleinement maître de son destin. Ensemble, nous devons défendre la légitimité démocratique, le respect des institutions et la souveraineté populaire, et œuvrer à la construction d’un avenir à la hauteur des aspirations de la nation.
Nous devons cesser de légitimer le désordre au nom du pragmatisme.

Le véritable pragmatisme construit des solutions durables. L’acceptation permanente du chaos, au contraire, conduit à l’érosion de nos valeurs constitutionnelles, éthiques et morales.

Si nous restons dans la contemplation et la résignation, nous risquons d’hypothéquer davantage l’avenir du pays en refusant de regarder le danger en face.

L’heure n’est plus au silence, à l’indifférence ni à la résignation.

L’heure est à la conscience, à l’organisation et à l’engagement citoyen.
Haïti ne changera pas par la volonté de ceux qui profitent de son chaos. Elle changera lorsque ses citoyens décideront, ensemble et par les moyens démocratiques, de reprendre leur destin en main.

Ne subissons plus l’avenir : organisons-nous pour le construire. Ne laissons personne confisquer notre souveraineté !

Haïtiens de l’intérieur et de la diaspora, mobilisons-nous, unissons-nous et engageons-nous !
La République a besoin de citoyens debout.

Sonet Saint-Louis av 
Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique à la faculté de droit et des sciences économiques de l'université d'État d'Haïti.



Professeur de philosophie 
Université du Québec à Montréal 
Canada, 3 août 2026 
Email : sonet.saintlouis@gmail.com
Tel : 2635580083/+509-44073580

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