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Face à l’aggravation de l’insécurité, l’Observatoire de recherche en droits de l’homme et de la défense (ORDEDH) tire la sonnette d’alarme. Dans une note officielle publiée lundi 10 août 2026, l’organisation affirme qu’au moins 1 305 personnes ont été tuées violemment entre janvier et juin, soit plus de sept morts par jour. Elle appelle à une restructuration de la Police nationale d’Haïti et à une coordination renforcée entre la PNH, les Forces armées d’Haïti et la Force de réaction rapide, estimant que sans amélioration rapide de la situation sécuritaire, les élections prévues en décembre risquent de ne pouvoir se tenir dans des conditions crédibles.
Le premier semestre 2026 a été marqué par une nouvelle aggravation de la crise sécuritaire en Haïti. Dans une note publiée le 10 août, l’ORDEDH fait état d’au moins 1 305 personnes tuées de manière violente entre le 1er janvier et le 30 juin sur l’ensemble du territoire national.
Selon les données de l’organisation, 408 événements sécuritaires majeurs ont également été recensés au cours de cette période. Les chiffres représentent une moyenne de 217,5 décès par mois, soit plus de sept morts par jour.
L’ORDEDH souligne que les départements de l’Ouest et de l’Artibonite figurent parmi les zones les plus durement touchées par les violences. Dans ces territoires, les populations sont confrontées aux activités des groupes armés, aux déplacements forcés et à une dégradation continue des conditions de sécurité.
Une réponse sécuritaire jugée insuffisante
Pour l’organisation de défense des droits humains, ces violences mettent également en évidence les limites de la réponse institutionnelle. Elle estime que la Police nationale d’Haïti intervient principalement après la commission des violences, sans parvenir durablement à empêcher leur progression ni à reprendre et sécuriser les territoires perdus.
L’ORDEDH dénonce par ailleurs l’influence des considérations politiques au sein de l’institution policière et estime que la situation est aggravée par l’absence de Parlement fonctionnel capable d’exercer pleinement son rôle de contrôle des institutions publiques.
Dans ce contexte, l’organisation demande la création immédiate d’une commission chargée de la restructuration de la PNH, plutôt que le maintien d’une direction générale ad interim. Cette commission devrait, selon elle, prendre en compte les revendications des policiers ainsi que les préoccupations de la population concernant les pratiques et les interventions des forces de l’ordre.
Une coordination entre les forces de sécurité
L’ORDEDH considère toutefois qu’une réforme de la PNH ne suffira pas à elle seule à rétablir la sécurité. L’organisation appelle à une coopération renforcée entre la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti et la FRG afin d’améliorer la réponse opérationnelle face aux groupes armés et de permettre la reprise progressive des territoires sous leur contrôle.
L’objectif, selon l’organisation, est de parvenir à une action coordonnée des différentes forces engagées dans la lutte contre l’insécurité et de restaurer la confiance de la population.
La question des élections de décembre
Cette situation intervient alors que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est confronté à l’objectif de rétablir la sécurité et d’organiser des élections générales.
Le Conseil électoral provisoire a récemment publié un calendrier prévoyant un premier tour le 13 décembre 2026. Pour l’ORDEDH, la tenue d’un scrutin crédible dépend toutefois directement de l’amélioration de la situation sécuritaire.
L’organisation estime ainsi qu’aucune élection ne pourra être organisée dans des conditions satisfaisantes tant que la sécurité des citoyens et le respect de la vie humaine ne seront pas garantis sur l’ensemble du territoire.
Avec plus d’un millier de morts recensés en seulement six mois, l’ORDEDH appelle donc les autorités haïtiennes à agir rapidement sur le plan sécuritaire et institutionnel, alors que le pays se rapproche d’une échéance électorale présentée comme décisive pour son avenir politique.
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