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À Ouanaminthe, dans le nord-est d’Haïti, les ministres des Affaires étrangères haïtien et dominicain ont tenu jeudi une réunion consacrée à la sécurité frontalière, aux migrations, au commerce et à la crise sécuritaire haïtienne. Alors que les relations entre les deux pays restent marquées par de fortes tensions, notamment autour de la frontière et des questions migratoires, les deux gouvernements veulent faire du dialogue bilatéral un outil de gestion des crises et de préservation des intérêts communs.
Ouanaminthe, Nord-Est, 3 septembre 2026. Sur une frontière où se croisent depuis plusieurs années tensions migratoires, échanges commerciaux et préoccupations sécuritaires, les gestes diplomatiques revêtent une importance particulière. Haïti et la République dominicaine ont choisi, jeudi, de remettre le dialogue bilatéral au premier plan lors d’une réunion de travail organisée au Parc industriel de CODEVI, à Ouanaminthe.
La ministre haïtienne des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, et son homologue dominicain, Víctor O. Bisonó Haza, ont examiné plusieurs dossiers sensibles de la relation entre les deux pays. Les discussions ont notamment porté sur la sécurité frontalière, la lutte contre les activités économiques illicites, les migrations, ainsi que la formalisation du commerce et des investissements. Les deux parties ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération et d’améliorer la gouvernance de la frontière, tout en préservant les intérêts respectifs des deux États.
La crise sécuritaire en Haïti a également occupé une place importante dans les échanges. Les délégations haïtienne et dominicaine ont réaffirmé leur soutien à la Force de suppression des gangs (GSF) et à la poursuite des démarches diplomatiques visant à permettre son plein déploiement, conformément à la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’au renouvellement de son mandat. Pour Port-au-Prince, le rétablissement de la sécurité doit notamment contribuer à la reconstruction des institutions et à la création des conditions d’une paix durable. Pour Saint-Domingue, l’évolution de la crise haïtienne représente un enjeu direct en matière de sécurité, de migrations et d’économie.
Les questions migratoires ont également été au cœur de la réunion. Les deux gouvernements ont exprimé leur volonté de renforcer les mécanismes permettant une gestion plus efficace de ces dossiers, dans le respect des intérêts des deux pays. La normalisation des opérations consulaires dominicaines en Haïti a par ailleurs été évoquée. Les deux parties souhaitent leur rétablissement dans les meilleurs délais, dès que les conditions de sécurité permettront leur fonctionnement dans les juridictions concernées.
Après la rencontre diplomatique, les deux délégations ont échangé avec des représentants du secteur privé. Les discussions ont mis en avant le rôle de l’économie comme possible levier de rapprochement entre les deux pays. Le développement des activités productives, la création d’emplois et la dynamisation des échanges commerciaux figurent parmi les pistes évoquées pour renforcer les relations économiques et donner davantage de place au secteur privé dans le dialogue bilatéral.
La délégation haïtienne était notamment composée de l’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, Fritz Emmanuel Longchamp, de la directrice de cabinet Winnie Hugot Gabriel, du directeur des Affaires politiques Jean-Claude Lappé, du directeur des Affaires dominicaines Yves Rody Jean et du chef du poste consulaire d’Haïti à Dajabón, Ricot Almonord. Côté dominicain, Víctor O. Bisonó Haza était accompagné, entre autres, des vice-ministres Rubén Silié, Francisco Caraballo et Ramón Pérez Fermín, ainsi que de l’ambassadeur de la République dominicaine en Haïti, Faruk Miguel, et de l’ambassadeur Jatzel Román, conseiller du ministre des Relations extérieures.
La réunion s’est achevée dans un climat décrit comme cordial. Si elle ne marque pas un rapprochement spectaculaire entre Port-au-Prince et Saint-Domingue, elle témoigne néanmoins d’une volonté de maintenir le dialogue comme principal outil de règlement des questions d’intérêt commun. Sur une île où les deux pays restent profondément interdépendants, la coopération apparaît ainsi comme une nécessité pour gérer les enjeux sécuritaires, migratoires et économiques qui affectent directement leurs populations.
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