Entre accusations d’utilisation politique de ressources publiques, interrogations sur des véhicules de l’État, dysfonctionnements présumés, soupçons de détournement de médicaments et contestations autour des nominations, la Direction départementale de la Santé du Nord-Est se retrouve au centre d’un ensemble d’allégations qui, si elles étaient confirmées, soulèveraient de sérieuses questions sur la gouvernance des ressources publiques et sur la transparence administrative. Face à ces accusations, seule une vérification indépendante des documents, des inventaires, des comptes et des procédures administratives permettrait d’établir les responsabilités éventuelles.
Nord-Est, 26 septembre 2026 — La gestion de la Direction départementale de la Santé publique et de la Population (MSPP) dans le Nord-Est est au centre de nouvelles interrogations après la publication d’un article du journal NORD-EST ACTUALITÉ. Celui-ci met en cause, sous forme d’allégations, la gestion de l’ancien directeur départemental, le Dr Jean Clervain DORSAINVIL, et soulève également des questions sur la succession de ce dernier par le Dr Jovenel ÉTIENNE.
Selon les informations rapportées par le journal, plusieurs éléments pourraient justifier l’ouverture d’un examen par les institutions compétentes. Les accusations évoquées concernent notamment l’utilisation de ressources publiques, la gestion de véhicules et de motocyclettes de l’État, l’attribution de contrats, la distribution de médicaments et de matériels médicaux ainsi que certaines pratiques présumées en matière de nominations.
Ces accusations interviennent après une longue période de direction du secteur sanitaire départemental par le Dr Jean Denis PIERRE, qui aurait exercé ses fonctions pendant plus de 21 ans avant l’arrivée du Dr Jean Clervain DORSAINVIL. Selon le journal, l’espoir d’une amélioration de la situation sanitaire dans le Nord-Est aurait été suivi, au contraire, par de nouvelles difficultés. Cette appréciation relève toutefois du constat présenté par la publication et nécessiterait des données sanitaires et administratives vérifiables.
L’une des principales interrogations concerne une éventuelle utilisation de ressources publiques à des fins politiques, dans un contexte où l’ancien directeur aurait envisagé une candidature électorale. NORD-EST ACTUALITÉ évoque notamment l’attribution de contrats et s’interroge sur le paiement effectif de certaines personnes présentées comme contractuelles. Ces éléments devraient être confrontés aux contrats, aux états de paiement, aux registres administratifs et aux documents comptables.
Le dossier porte également sur plusieurs véhicules et motocyclettes appartenant à l’État. Le journal affirme qu’une partie de ces moyens de transport aurait été utilisée par des personnes présentées comme proches ou partisanes de l’ancien directeur, y compris après sa démission. Si ces faits étaient établis, ils soulèveraient la question de la conservation, de l’affectation et de la restitution des biens publics.
Parmi les éléments cités figure également l’existence alléguée d’une dizaine de motocyclettes qui auraient été distribuées sous forme d’avantages ou de cadeaux dans un contexte électoral. Une telle accusation ne peut cependant être établie sans documents permettant d’identifier les bénéficiaires, les décisions d’attribution, la valeur des biens concernés et leur statut administratif.
Deux véhicules, dont un pick-up Ford et un autre désigné localement sous le nom de « Zo Requin », sont également mentionnés. Le journal soulève des questions sur leur statut, leur utilisation et leur éventuelle déclaration auprès de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA). Là encore, la consultation des registres patrimoniaux et des documents officiels permettrait de vérifier la situation de ces véhicules.
Le fonctionnement de certaines infrastructures sanitaires est aussi mis en cause. Selon les informations rapportées, un générateur d’oxygène serait resté hors service pendant plusieurs mois. Le cas échéant, il conviendrait d'établir la durée exacte de la panne, les conséquences sur les patients, les démarches entreprises pour la réparation ainsi que les responsabilités administratives éventuelles.
Plus grave encore, le journal rapporte des accusations concernant la distribution de médicaments et de matériels fournis par le MSPP. Selon certaines allégations, une partie de ces produits aurait été revendue à des structures privées, notamment au CEMEFCO, présenté dans l’article comme étant lié à l’ancien directeur. Ces affirmations nécessitent une vérification particulièrement rigoureuse à partir des inventaires, bons de livraison, registres de pharmacie, documents de distribution et éventuelles pièces comptables.
D’autres accusations concernent des demandes présumées adressées à des responsables d’établissements sanitaires afin qu’ils reversent un pourcentage de leurs recettes internes, avec l’argument que ces sommes seraient destinées à l’État. La question centrale est alors celle de la légalité de ces prélèvements et de leur traçabilité : existaient-ils des instructions écrites, une base réglementaire et des comptes officiels permettant d’en suivre l’utilisation ?
Le système de recrutement et de nomination est également au cœur des interrogations. Le journal évoque notamment la vente présumée de postes à environ 40 infirmiers en échange de sommes d’argent, ainsi que la présence alléguée d’environ 42 personnes nommées ou employées dans des conditions qui auraient écarté d’autres candidats. Ces accusations, particulièrement graves, nécessiteraient la comparaison des listes de recrutement, des critères de sélection, des procès-verbaux, des contrats et des décisions administratives.
Une autre accusation évoquée par NORD-EST ACTUALITÉ concerne un incendie qui aurait été provoqué dans un bureau et qui aurait, selon le récit publié, permis de récupérer environ six millions de gourdes. Une telle affirmation appelle nécessairement une enquête indépendante, notamment sur l’origine de l’incendie, les documents ou biens concernés, les mouvements financiers et les éventuelles personnes impliquées.
Le journal fait aussi état d'un transfert présumé d'environ trois millions de gourdes depuis la Sogebank vers un compte associé sante de santé d'Acul-des-Pins, selon un mécanisme qui aurait impliqué une répartition ou un fractionnement des fonds. Une telle opération ne pourrait être appréciée qu'à partir des relevés bancaires, des pièces justificatives, de l'identité des titulaires des comptes et de la destination finale des sommes.
Au-delà de l’ancien directeur, la nomination du Dr Jovenel ÉTIENNE soulève elle aussi des questions dans le débat public. Le nouveau responsable, présenté comme ancien directeur départemental du Centre Ambulancier National (CAN), doit désormais répondre aux exigences de transparence applicables à la gestion des ressources sanitaires. Son parcours administratif et la gestion antérieure du matériel public dont il avait la responsabilité peuvent, comme pour tout responsable public, faire l’objet d’un examen documentaire s’il existe des motifs administratifs sérieux.
Le fait que le Dr Jean Clervain DORSAINVIL aurait proposé le Dr Jovenel ÉTIENNE pour lui succéder alimente également les interrogations rapportées par le journal. Cette circonstance, à elle seule, ne permet toutefois pas de conclure à une irrégularité. La question pertinente est celle de la procédure suivie : critères de nomination, autorité compétente, conformité aux règles administratives et éventuelle vérification des antécédents professionnels et de la gestion des ressources publiques.
Dans un contexte où la population du Nord-Est attend des services de santé accessibles et correctement administrés, l’enjeu dépasse donc les personnes citées dans ces accusations. Il concerne la capacité des institutions haïtiennes à garantir la traçabilité des fonds publics, la protection du patrimoine de l’État et l’accès équitable aux soins. Les différentes allégations rapportées ne constituent pas, en elles-mêmes, des preuves de culpabilité. Elles devraient plutôt conduire, si les autorités les jugent suffisamment étayées, à des vérifications documentaires et à une enquête indépendante permettant de distinguer les faits établis des accusations infondées et de déterminer, le cas échéant, les responsabilités.
Après toutes ces allégations, le journal ExplosionInfo a tenté de joindre à plusieurs reprises l’ancien directeur départemental de la Santé publique du Nord-Est, Jean Clervain DORSAINVIL. Malgré plusieurs appels, le téléphone a sonné sans réponse.
Toutefois, si l’ancien directeur souhaite réagir à ces accusations et apporter des précisions, le journal ExplosionInfo reste ouvert à une interview et à la publication de sa version des faits.
ExplosionInfo Médias Actualités
