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Les migrants haïtiens face aux violations massives des droits humains en République dominicaine : des organisations de défense des droits humains haïtiennes et dominicaines lancent un appel solennel à la communauté internationale.

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Diplomatie

Par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation
 E-mail : cersine09@gmail.com 


Dans un contexte où les migrants haïtiens subissent des violations systématiques et alarmantes de leurs droits fondamentaux en République dominicaine, un groupe d'organisations de défense des droits humains, tant haïtiennes que dominicaines, se sont rassemblées à Ouanaminthe pour dénoncer ces abus flagrants et exhorter la communauté internationale à prendre des mesures immédiates et efficaces pour protéger ces populations vulnérables, garantir leur dignité humaine et mettre fin à l'impunité qui prévaut dans cette crise humanitaire.

Ouanaminthe, Nord-Est, juillet 2025 — À l’heure où la communauté internationale proclame haut et fort son attachement aux droits humains, une crise grave et largement ignorée se joue aux portes d’Haïti. Depuis octobre 2024, plus de 169 000 migrants haïtiens ont été expulsés de la République Dominicaine, souvent dans des conditions inhumaines, sans respect des normes internationales et dans une indifférence choquante.

Dans une note de plaidoyer publiée le  mois juillet 2025, la Plate Forme Genre du Nord-Est (PGNE), avec plusieurs autres organisations de droits humains en Haïti et en République dominicaine, a déclaré que ’annonce par le président dominicain Luis Abinader Corona d’un plan de 10 000 déportations hebdomadaires a marqué un tournant inquiétant. Ce qui devait être une opération administrative s’est transformé en une campagne de rafles systématiques, marquées par des violences physiques, des détentions arbitraires et des expulsions collectives. Femmes enceintes, enfants, malades, personnes âgées ou handicapées : aucun groupe vulnérable n’est épargné.

Sur le terrain, les témoignages sont glaçants. À l’hôpital, des femmes sur le point d’accoucher sont arrêtées. Des enfants non accompagnés, parfois à peine âgés de cinq ans, sont jetés dans des camions sans information, ni accompagnement. À la frontière de Ouanaminthe, plus de 60 000 personnes ont été assistées dans des conditions de dénuement total. Parmi elles, 581 femmes enceintes, 268 enfants seuls, 321 personnes vivant avec un handicap. Une réalité inacceptable à notre époque.

Un système organisé de violations des droits humains

L'ensemble des organisations de droits humains a déclaré que ces actes ne sont ni isolés ni spontanés. Ils résultent d’une politique officiellement assumée, dont la brutalité a été codifiée dans un protocole gouvernemental daté du 6 avril 2025. Celui-ci autorise explicitement l’expulsion de femmes hospitalisées et de mineurs, bafouant ainsi les conventions internationales auxquelles la République dominicaine est pourtant partie.

Parmi les instruments violés :

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ;

La Convention relative aux Droits de l’Enfant ;

La Convention contre la torture ;

La Convention interaméricaine des droits de l’homme, entre autres.

Cette situation évoque de sombres souvenirs. En 1937, des milliers d’Haïtiens furent massacrés sur ordre de l’État dominicain, dans un silence complice. Aujourd’hui, l’horreur ne se manifeste pas par des machettes, mais par des expulsions massives, une haine alimentée par le racisme et la xénophobie, et un système qui déshumanise les plus vulnérables.

Un appel à la responsabilité collective

Face à cette crise, des organisations de défense des droits humains haïtiennes et dominicaines, réunies à Ouanaminthe, lancent un appel solennel à la communauté internationale. Elles demandent :

1. La mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante ;

2. L’arrêt immédiat des expulsions de personnes vulnérables ;

3. La saisine urgente de la Cour interaméricaine des droits de l’homme ;

4. L’activation d’un mécanisme de suivi international sur les violations aux frontières ;

5. Un soutien logistique, juridique et humanitaire aux migrants haïtiens et aux structures communautaires qui les assistent ;

6. Des campagnes mondiales contre le racisme et la xénophobie dans la région.

Refuser l’indifférence, protéger la dignité

L’exil, la pauvreté, la recherche de soins ou de sécurité ne devraient jamais justifier des traitements inhumains. Les Haïtiens expulsés ne sont pas des chiffres : ce sont des vies, des familles, des êtres humains. Leur dignité est inaliénable.

La communauté internationale — Nations Unies, OEA, Union Européenne, ONG, États membres — ne peut plus détourner le regard. L’histoire jugera sévèrement notre silence ou notre inaction.

Aujourd’hui, plus que jamais, la solidarité est un devoir. La justice, une urgence.
Fait à Ouanaminthe (Haïti), le 3 juillet 2025 Signataires :
Jesula Blanc, Coordonnatrice PGNE
 
Colette Lespinasse, Défenseure DDHH Camille Occius, Directeur Exécutif OCNH Katia Bonté, Coordonnatrice GARR
VitalermeAcceus, Responsable CAPAC-Haïti

Manise Elie, Coordonnatrice RFJS-Haïti

Jackson Lorrain, Président ASOMILIN

Eunide Innocent, Directrice Exécutive POFHAD

Dr Joseph Cherubin, Président de MOSTCHA

Cristiana Luis Francisca, Présidente de MUDHA

Louna François, Coordonnatrice ACDHD


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