Rapport des activités du SJM-Haïti et partage sur la réalité de la frontalière Nord : Ouanaminthe/Dajabón pour la période du 01 au 31 Juillet 2025. - ExplosionInfo

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Rapport des activités du SJM-Haïti et partage sur la réalité de la frontalière Nord : Ouanaminthe/Dajabón pour la période du 01 au 31 Juillet 2025.

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Justice

ContexteDepuis plusieurs décennies, de nombreux Haïtiens quittent Haïti pour s’installer en République Dominicaine, espérant y trouver de meilleures conditions de vie. Ce mouvement migratoire est motivé par la pauvreté persistante, l’instabilité politique, l’insécurité et le manque d’opportunités en Haïti.


 La République Dominicaine, dont l’économie est plus développée, attire cette main-d’œuvre, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la construction et des services, où travaillent souvent des Haïtiens.Cependant, la politique migratoire dominicaine s’est progressivement durcie. En 2013, l’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle a statué que seules les personnes nées sur le territoire dominicain de parents en situation régulière peuvent être reconnues comme ressortissantes dominicaines. Cette décision rétroactive et controversée a privé de nationalité des milliers de personnes d’origine haïtienne nées sur le sol dominicain depuis des décennies, les rendant apatrides.Plus récemment, en avril 2025, le président dominicain Luis Abinader a annoncé quinze nouvelles mesures migratoires ciblant particulièrement les ressortissants haïtiens.


Malgré certaines initiatives, comme le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE), une grande partie des migrants haïtiens demeure sans un document provenant de l’état dominicain, vivant dans une précarité extrême.Depuis ces mesures, la situation s’est considérablement aggravée. Les expulsions et rapatriements de migrants haïtiens se sont intensifiés, souvent dans des conditions contraires aux normes internationales. Les violations des droits humains sont nombreuses : séparations familiales, arrestations arbitraires dans des hôpitaux, descentes nocturnes dans des maisons, arrestations et expulsions de femmes enceintes ou venant d’accoucher sans soins médicaux appropriés, prolongation abusive des périodes de détention de cinq à sept jours dans des conditions inhumaines avant le rapatriement.


Entre le 1er et le 31 juillet 2025, plusieurs événements marquants se sont produits à la frontière haïtiano-dominicaine : des centaines de migrants ont été rapatriés, provoquant de graves conséquences sociales et humanitaires. Des familles ont été brutalement séparées, laissant de nombreux enfants sans abri et privés d’accès à l’éducation. Même les migrants ayant entamé des démarches pour régulariser leur situation ou obtenir des documents ont été expulsés, souvent sans préavis ni possibilité de recours.


Accompagnement des migrants haïtiens rapatriés par le SJM-HaïtiPour le mois de juillet, le SJM-Haïti a participé dans l'accueille des 10097 migrants haïtiens rapatriés depuis la République Dominicaine et a apporté son soutien à 22 migrants en prenant en charge leurs frais de transport et alimentation après leur hébergement dans le centre d'hébergement du SJM-HaïtiDifficultés rencontréesPendant le mois de juillet, la majorité des personnes expulsées ont été détenues entre cinq et sept jours dans des conditions inhumaines.


Elles rapportent n’avoir reçu qu’un seul repas par jour, une quantité d’eau très limitée et aucun accès à des installations d’hygiène ni soins médicaux. Beaucoup ont été arrêtés arbitrairement, privés de leurs biens et parfois de moyens de communication. Les expulsions effectuées de nuit, souvent après 20h, compliquent considérablement leur accueil et leur prise en charge. Les femmes et les enfants non accompagnés sont particulièrement vulnérables, exposés à des risques physiques, psychologiques et sociaux accrus.Le traumatisme laissé par ces expulsions est profond.


Plusieurs migrants affirment être prêts à retourner en République Dominicaine coûte que coûte, préférant courir le risque d’une nouvelle expulsion plutôt que de rester en Haïti, livrés à l’abandon, au chômage et à la misère. Les témoignages recueillis expriment un fort sentiment d’échec, de honte et de désespoir.Réalité de la frontière (1er au 31 juillet 2025)En juillet 2025, les rapatriements nocturnes entre 7 et 10 heures depuis la République Dominicaine se sont intensifiés, laissant les migrants haïtiens dans un état de grande fatigue.Certains rapatriés, nés en République Dominicaine et sans attaches en Haïti, se retrouvent sans hébergement ni ressources et expriment le désir de retourner, malgré les risques.


Beaucoup restent alors à proximité de la frontière, dans l’espoir de traverser à nouveau.Ouanaminthe subit une forte pression démographique due à l’arrivée simultanée de déplacés internes et de migrants expulsés, épuisant les ressources locales et exacerbant les tensions sociales.


Fraude au poste frontalierDes pratiques frauduleuses persistent aux postes frontaliers, tant du côté dominicain, où des militaires extorquent de l’argent aux Haïtiens traversant pour effectuer des achats, que du côté haïtien, où certains agents douaniers imposent des taxes excessives les jours de marché. Ces agissements accentuent la vulnérabilité des populations déjà fragilisées. Par ailleurs, plus de 5 000 personnes dépendent de la traction manuelle des bourrettes à la frontière pour subvenir à leurs besoins, une activité dont l’avenir reste incertain.


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