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Nord'Est, Haïti : Le cri d’alarme du PGNE face à l’escalade des violences envers les femmes et les filles en Haïti.

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Écrit par : Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail : cersine09@gmail.com 
En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Plateforme Genre du Nord-Est (PGNE) dénonce avec vigueur l’effondrement sécuritaire, l’impunité institutionnelle, les violences armées, sexuelles, économiques et désormais numériques qui frappent les femmes haïtiennes, livrées à la terreur des gangs, à la précarité des camps de déplacés et à l’inaction persistante de l’État, tout en appelant à une mobilisation nationale et internationale urgente pour briser ce cycle de brutalité systémique et restaurer la dignité, la protection et l’autonomie de millions de femmes et de filles.


Nord-Est, Haïti — À l’occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Plateforme Genre du Nord-Est (PGNE) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une note publique, sa coordonnatrice, Jesula Blanc, dépeint une situation « particulièrement douloureuse » pour les femmes et les filles haïtiennes, plongées dans une spirale de violences qui s’intensifie au rythme de l’effondrement des institutions.
Selon la PGNE, l’insécurité croissante, la violence armée, le déplacement forcé et les conditions inhumaines imposées aux migrantes déportées aggravent un climat déjà marqué par l’impunité. Dans plusieurs zones du pays, les femmes sont victimes de viols utilisés comme arme de terreur par des groupes armés. Une réalité que l’organisation décrit comme « inimaginable ».

Dans les sites de déplacés internes, la détresse s’accentue. Des femmes et des adolescentes sont contraintes d’échanges sexuels pour obtenir de la nourriture, de l’eau ou un minimum d’aide. Certains responsables de camps profitent de cette vulnérabilité extrême pour imposer violences sexuelles et pressions économiques. « Une situation indigne, inhumaine et inacceptable », dénonce fermement la plateforme.
À l’ouverture de sa campagne annuelle des 16 jours d’activisme, le PGNE insiste également sur un phénomène en expansion : les violences numériques. Harcèlement, intimidation, diffusion non consentie d’images, contrôle via les réseaux sociaux… Ces formes de violences, encore trop peu reconnues, « détruisent des vies en silence », rappelle la note.

Face à cette crise, la PGNE pointe la responsabilité de l’État haïtien, accusé de passivité. Aucun plan de protection durable n’est visible, alors que corruption et impunité continuent de miner les efforts de justice.

L’organisation formule plusieurs recommandations :
– À l’État, de renforcer les institutions, poursuivre les auteurs de violences et appliquer les conventions internationales ratifiées (CEDAW, Belém do Pará, ODD 5).
– Aux organisations communautaires, de documenter les cas et soutenir les victimes.
– À la communauté internationale, d’accroître l’aide humanitaire et d’exiger des mécanismes de reddition de comptes.

Pour la PGNE, l’autonomisation économique et sociale des femmes demeure une condition essentielle pour réduire les violences. Une femme informée, indépendante et accompagnée serait « moins vulnérable et plus apte à dénoncer et à reconstruire sa vie ».

Mais tant que l’État restera absent, tant que les bourreaux circuleront librement, tant que les camps de déplacés demeureront des zones de non-droit, à la frontière et que les cris des femmes seront étouffés par l’indifférence, Haïti continuera d’enterrer des générations sacrifiées. Et l’histoire retiendra moins la brutalité des agresseurs que la complicité silencieuse d’un pays qui a laissé ses femmes se faire briser sans jamais leur offrir justice ni protection.

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