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À Fort-Liberté, les associations départementales des Assemblées de la Section Communale (ASECs) du Nord-Est dénoncent un abandon total de l’État haïtien, réclament le paiement de salaires impayés depuis novembre 2023 et accusent les autorités centrales, notamment le Conseil présidentiel de transition, de prospérer pendant que les collectivités locales sombrent dans la précarité la plus absolue.
Fort-Liberté (Nord-Est), lundi 29 décembre 2025. Les associations départementales des ASECs du Nord-Est se sont mobilisées devant le bureau de la Délégation départementale, au cœur de la ville de Fort-Liberté. Objectif affiché : interpeller le délégué départemental, Dionel Germain, afin qu’il transmette leur revendication au ministre de l’Intérieur des collectivités territoriales. Les protestataires réclament le paiement de leurs arriérés de salaires, affirmant n’avoir perçu aucune rémunération de la part de l’État depuis près de deux ans.
Selon les déclarations des représentants des ASECs, leur dernier versement remonte précisément au 23 novembre 2023. Depuis cette date, disent-ils, le silence des autorités est total, malgré leurs multiples démarches. Une situation jugée intenable par ces agents de proximité, qui assurent pourtant un rôle clé dans l’administration locale, la médiation communautaire et la gestion quotidienne des sections communales, souvent dans des conditions extrêmement précaires.
La colère est d’autant plus vive que, selon les manifestants, le Conseil présidentiel de transition (KPT) disposerait de moyens financiers considérables. « Pendant que le KPT fait circuler des millions dans le pays, les sections communales sont laissées pour compte », dénoncent-ils, estimant être traités comme des citoyens de seconde zone. Pour eux, cette marginalisation traduit un profond déséquilibre entre le pouvoir central et les collectivités territoriales, pourtant inscrites dans l’architecture institutionnelle de la République.
Cette mobilisation des ASECs du Nord-Est met une nouvelle fois en lumière une gouvernance déconnectée des réalités locales, où les discours sur la décentralisation contrastent brutalement avec l’abandon des acteurs de terrain. Tant que les autorités continueront à ignorer les maillons de base de l’administration publique, la crise de confiance entre l’État et les territoires ne pourra que s’aggraver, alimentant un cycle de frustration, d’exclusion et de désintégration politique dont le pays peine déjà à se relever.
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