E-mail: cersine09@gmail.com
Mobilisation massive dans le Nord-Est haïtien où des milliers d’ouvriers dénoncent la stagnation du salaire minimum, l’explosion des prix du carburant et l’absence de services sociaux, tout en accusant les autorités et les instances concernées de négligence prolongée face à une crise socio-économique devenue insoutenable
Ouanaminthe, Nord-Est, ce lundi 13 avril 2026 ----Les activités sont restées paralysées ce lundi 13 avril 2026 au parc industriel de la CODEVI, situé à Ouanaminthe, où les ouvriers ont entamé un mouvement de grève de trois jours. Cette mobilisation, annoncée depuis plusieurs jours par les syndicats, vise à dénoncer la dégradation continue de leurs conditions de vie ainsi que l’inaction des autorités publiques.
À l’appel de plusieurs organisations syndicales, dont la SORENE, la SOTRACO, la SYNOCO et l’UTRACO, les travailleurs ont massivement cessé le travail pour faire entendre leurs revendications dans un contexte de crise économique persistante.
Au cœur de leurs doléances figure le gel du salaire minimum depuis plus de cinq ans. Les manifestants rappellent que le Code du travail, notamment en son article 137, prévoit des ajustements réguliers afin de tenir compte de l’évolution du coût de la vie.
Actuellement fixé à 600 gourdes par jour, ce salaire est jugé insuffisant par les ouvriers. Selon eux, il ne permet plus de subvenir aux besoins essentiels, ni même de couvrir des dépenses de base comme l’achat d’un gallon de carburant sur le marché local.
La flambée des prix du carburant constitue d’ailleurs l’un des principaux facteurs aggravants de leur situation. Cette hausse a entraîné une augmentation généralisée du coût du transport et des produits de première nécessité, accentuant la pression sur les ménages déjà fragilisés.
Par ailleurs, les travailleurs expriment leur mécontentement face aux prélèvements effectués pour l’OFATMA. Ils dénoncent l’absence de services dans les hôpitaux affiliés de la commune de Ouanaminthe malgré leurs contributions régulières.
Les grévistes réclament également l’ouverture d’un bureau des Affaires sociales fonctionnel dans la région. Ils demandent en outre la nomination d’une nouvelle direction capable de traiter efficacement leurs dossiers administratifs et sociaux.
Dans les rues de Ouanaminthe, plusieurs milliers de travailleurs ont défilé, brandissant des pancartes et scandant des slogans dénonçant l’écart grandissant entre les salaires et le coût de la vie, notamment : « Le prix du carburant a augmenté, le salaire minimum doit suivre ».
L’atmosphère est restée particulièrement tendue tout au long de la journée, les manifestants exprimant leur colère à la fois contre les autorités étatiques et la direction de la CODEVI. Le mouvement, officiellement notifié au ministère des Affaires sociales et du Travail ainsi qu’à la Police nationale, devrait se poursuivre jusqu’au 15 avril 2026.
ExplosionInfo Médias Actualités

