L’hôpital d’Ouanaminthe à l’agonie, paralysé par des grèves liées aux salaires : les soins de santé deviennent un luxe pour les plus pauvres. - ExplosionInfo

ExplosionInfo

Le Réseau de l'Information dans le département du Nord-Est d'Haiti.

Post Top Ad

L’hôpital d’Ouanaminthe à l’agonie, paralysé par des grèves liées aux salaires : les soins de santé deviennent un luxe pour les plus pauvres.

Share This
Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Urgences paralysées, maternité fermée, pharmacie vide, salariés non payés depuis quinze mois : dans le Nord-Est d’Haïti, l’abandon du service public pousse les familles vers des cliniques privées inaccessibles. Tandis que le directeur départemental de la santé, accusé de nommer des contrats fictifs et de privilégier ses ambitions politiques, devient la cible des médecins grévistes et d’une population en détresse qui réclame au Premier ministre la révocation de toute la chaîne de responsabilités.


Ouanaminthe, Nord-Est, ce mercredi 29 avril 2026---Depuis plusieurs mois, l’hôpital d’Ouanaminthe, dans le département du Nord-Est d’Haïti, n’offre plus aucun service fonctionnel. Urgences, maternité, vaccination, pharmacie : tout est à l’arrêt. Dans cette région déjà parmi les plus défavorisées du pays, l’accès aux soins est devenu « un luxe » pour les plus pauvres, dénoncent habitants et professionnels de santé.
La situation sanitaire ne cesse de s’aggraver. Faute de services publics, de nombreuses familles n’ont d’autre choix que de se tourner vers des cliniques privées, dont les tarifs dépassent très largement leurs capacités financières. « Beaucoup de citoyens font face à un véritable obstacle à l’accès aux soins, ce qui augmente les risques de maladie et de mortalité dans la communauté », témoignent des sources locales.

Sur place, la colère gronde aussi chez les soignants. Plusieurs employés de l’hôpital d’Ouanaminthe n’ont pas reçu leur salaire depuis plus de quinze mois. Parallèlement, des médecins grévistes accusent ouvertement le docteur Jean Clervain Dorsainvil, directeur départemental de la santé publique, de ne prendre aucune mesure pour remédier à la paralysie des services.

Selon ces critiques, le Dr Dorsainvil serait davantage préoccupé par ses ambitions politiques – une éventuelle candidature au Sénat – que par l’urgence sanitaire. « Il continuerait d’attribuer des contrats fictifs à des fins politiques », affirment plusieurs agents de santé ayant requis l’anonymat, interrogés par le journal ExplosionInfo.

« La santé ne doit pas être mêlée à la politique » ont-ils précisé!
La situation sanitaire dans la commune Ouanaminthe ne cesse de se dégrader. Jour après jour, l’accès aux soins devient un luxe réservé à une minorité, laissant la majorité de la population sans prise en charge médicale.

Des auxiliaires et infirmières dénoncent également ces nominations sans justification, qui bloquent le fonctionnement des centres de santé et alimentent des grèves récurrentes. « La santé ne doit pas être mêlée à la politique. La vie des citoyens ne doit pas être instrumentalisée », ont-ils martelé.

Pourtant, des appels à la raison se font entendre. Le Dr Joseph Jhon Cador, directeur du centre médico-social d’Ouanaminthe, a déclaré samedi 25 avril dernier sur Radio Canarie FM, dans l’émission "Koze Mande Tichez" avec les journalistes Widelin Giometre et Jean Rony Augustin, avoir multiplié les démarches pour dialoguer avec les grévistes. Son objectif : rouvrir au moins le service des urgences. « Un professionnel de santé est un sacerdoce, une vocation au service de la vie », a-t-il plaidé, appelant notables et société civile à encourager la reprise du travail pour sauver femmes enceintes, enfants et personnes âgées.

Dans ce contexte, les habitants les plus vulnérables sont les premiers touchés. Faute de moyens financiers, ils ne peuvent se tourner vers les cliniques privées, où les coûts des services dépassent largement leurs capacités économiques.

Cette absence d’alternative crée une véritable impasse sanitaire. De nombreux citoyens se retrouvent contraints de renoncer aux soins, exposés à une aggravation de leur état de santé, voire à des risques accrus de mortalité.

Plusieurs acteurs locaux l’accusent de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour garantir le fonctionnement des hôpitaux publics, notamment celui d’Ouanaminthe, aujourd’hui paralysé.

En attendant, la population du Nord-Est, d’Ouanaminthe aux localités voisines, continue de subir une quasi-absence de soins publics. De nombreuses voix réclament désormais l’intervention directe du Premier ministre Didier Alix Fils Aimé, pour révoquer à la fois le ministre de la Santé, Sinel Bertrand, et le directeur départemental Jean Clervain Dorsainvil.

« Ces responsables ne sont pas en mesure d’améliorer la situation sanitaire du pays », résument les habitants, pour qui l’accès aux soins est devenu, en quelques mois, un privilège inaccessible.

ExplosionInfo Médias Actualités 

TRADUIRE

Post Bottom Ad

Pages