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Ouanaminthe, Nord-Est/Santé: quand la santé publique s’effondre sous le poids du chaos et des dérives administratives.

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Écrit par : Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 



Sous-financement chronique, gestion opaque, recrutements sans base budgétaire et mépris du personnel soignant : la crise du Centre Médico-Social de Ouanaminthe révèle les failles profondes d’un système de santé départemental à bout de souffle, incapable de répondre aux besoins d’une population déjà fragilisée par la précarité, l’insécurité et l’abandon de l’État.


Ouanaminthe,Nord-Est, ce Jeudi 9 avril 2026----La chute du système de santé dans le département du Nord-Est n’est plus une simple inquiétude : elle est désormais une réalité brutale et visible. Depuis près d’un mois, le Centre Médico-Social de Ouanaminthe (CMSO) est paralysé, victime d’une grève du personnel soignant qui réclame, avant tout, le respect d’un droit fondamental : être payé pour son travail.

Ce blocage prolongé met en lumière une crise bien plus profonde que celle des salaires impayés. Il révèle un système fragilisé, désorganisé et déconnecté des réalités humaines, où les institutions censées protéger la population peinent à assurer leur mission essentielle.

Face à cette situation alarmante, une réunion extraordinaire s’est tenue le 6 avril 2026 dans les locaux du centre. Autour de la table, plusieurs responsables, dont le directeur du CMSO Dr Joseph Jhon Cador et le directeur départemental du MSPP Nord-Est Dr Jean Clervain Dorsainvil,ont tenté de donner des gages de solution. Mais sur le terrain, la méfiance reste intacte.

Trois groupes de grévistes ont été identifiés, illustrant la complexité administrative du problème. D’abord, les anciens employés financés par l’USAID, abandonnés après la fin de leurs contrats avant d’être tardivement repris en charge par l’État. Ensuite, les agents directement recrutés par le MSPP. Enfin, un troisième groupe, encore plus problématique : des employés intégrés sans aucune budgétisation claire.

Cette dernière catégorie symbolise à elle seule les dérives d’un système où les décisions administratives semblent parfois prises sans planification ni transparence. Recruter sans budget, c’est créer délibérément les conditions d’une crise future.

Les autorités affirment vouloir relancer les services essentiels, notamment les urgences et la maternité. Mais ces annonces peinent à convaincre un personnel épuisé, désabusé et, surtout, impayé depuis des mois.

Le directeur départemental a annoncé que les chèques seraient en cours de validation au ministère concerné. Une promesse de plus, selon les employés, qui disent avoir entendu le même discours semaine après semaine, sans jamais voir la situation évoluer concrètement.

Sur le terrain, la colère monte. Les grévistes accusent directement les responsables sanitaires du Nord-Est 
Dr Jean Clervain Dorsainvil d’être à l’origine de la crise, évoquant des recrutements basés sur des relations personnelles plutôt que sur des critères professionnels et budgétaires.

Les témoignages recueillis sont bouleversants. Une employée, sous anonymat, décrit une situation de détresse extrême : onze mois sans salaire, trois enfants à charge, l’impossibilité de payer l’école, de se nourrir correctement ou même de conserver un logement.

Un médecin du centre, également anonyme, pointe du doigt une gestion qu’il qualifie d’irresponsable et mensongère. Selon lui, les promesses répétées de paiement n’ont fait qu’aggraver la frustration et miner davantage la confiance du personnel.

Dans ces conditions,la fermeture du centre apparaît comme inévitable.<< Tant que les salaires ne seront pas versés, aucune reprise sérieuse des activités ne pourra être envisagée>> a-t-ilaffirmé le médecin!

Pendant ce temps, les conséquences pour la population sont dramatiques. Déjà confrontés à la pauvreté, au chômage et à l’insécurité, les habitants doivent désormais faire face à une hausse significative des coûts dans les cliniques privées, devenues le seul recours.

Ce glissement vers une santé à deux vitesses accentue les inégalités et exclut les plus vulnérables de l’accès aux soins. Dans un département déjà marginalisé, la santé devient un luxe inaccessible.

Aujourd’hui, la population lance un appel clair aux autorités : payer les employés, rétablir les services et, surtout, réformer en profondeur un système qui, dans son état actuel, ne répond plus aux besoins fondamentaux de la société.

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