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République dominicaine : Saint-Domingue renforce le contrôle de sa frontière avec Haïti

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Diplomatie 
Écrit par: Villardouin CERSINE; Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Mur frontalier, vidéosurveillance, drones, patrouilles aériennes et maritimes : la République dominicaine poursuit le renforcement de son dispositif de sécurité le long de ses 391 kilomètres de frontière avec Haïti. Les autorités dominicaines mettent en avant une stratégie combinant infrastructures physiques, technologies de surveillance et capacités militaires afin de lutter contre les trafics et les activités illicites, tout en renforçant le contrôle des zones terrestres et maritimes.

La frontière terrestre entre la République dominicaine et Haïti s’étend sur 391 kilomètres. Cette configuration comprend des zones terrestres, fluviales et routières. Quelque 172 kilomètres de la ligne frontalière correspondent à des zones fluviales, principalement le long des rivières Massacre, Artibonite, Libón et Pedernales. À cela s’ajoutent 48 kilomètres de routes internationales intégrées à la configuration particulière de cette zone frontalière.

Quatre principaux passages officiels relient les deux pays : Dajabón, Elías Piña, Jimaní et Pedernales. Ces points de passage jouent un rôle central dans les échanges commerciaux entre Haïti et la République dominicaine, notamment à travers les marchés binationaux.

Un mur frontalier associé à un dispositif de surveillance

Dans le cadre de sa stratégie de renforcement du contrôle de la frontière, le gouvernement dominicain a entrepris la construction d’une clôture périmétrique constituée de structures en béton armé et d’éléments métalliques. L’infrastructure est également accompagnée de voies de patrouille destinées à permettre une intervention rapide des forces de sécurité.

Le dispositif comprend notamment des miradors destinés à assurer une surveillance continue de la frontière. Il s’appuie également sur différents équipements technologiques et sur un réseau de fibre optique permettant la transmission de données, de communications vocales et d’images en temps réel.

Le lieutenant-général Carlos Antonio Fernández Onofre, ministre dominicain de la Défense, a expliqué que l’objectif du projet était d’installer un mur périmétrique dans les secteurs considérés comme les plus vulnérables et les plus stratégiques.

Selon lui, les autorités ont parallèlement déployé un réseau synchronisé et autonome de drones et de caméras de vidéosurveillance. La couverture et les capacités de ce dispositif sont progressivement étendues en fonction des besoins stratégiques identifiés par les autorités.

Le ministre affirme que cette infrastructure a déjà produit des résultats significatifs en matière de sécurité. Il cite notamment des secteurs où les vols de bétail, de véhicules et de motos étaient auparavant fréquents et où ces actes auraient aujourd’hui pratiquement disparu.

Des moyens aériens pour surveiller la frontière

La stratégie dominicaine repose également sur le renforcement des capacités de surveillance aérienne. Elle intègre notamment le TP-75 DULUS, présenté comme le premier avion assemblé par l’industrie militaire dominicaine et utilisé pour des missions de surveillance et de reconnaissance.

Selon Carlos Antonio Fernández Onofre, ces appareils permettent de renforcer la coordination entre les unités aériennes et terrestres. Ils fournissent également des renseignements destinés à appuyer les opérations de sécurité et de défense le long de la frontière.

Le ministre a particulièrement insisté sur le faible coût opérationnel de l’appareil et sur sa capacité à effectuer des missions de patrouille sur l’ensemble de la zone frontalière.

« Il nous permet de patrouiller la frontière en quatre heures, en décollant de la base aérienne de San Isidro, que ce soit du Nord ou du Sud, pour un coût de 2 000 pesos », a-t-il déclaré.

La République dominicaine cherche par ailleurs à développer sa propre industrie militaire. Celle-ci produit notamment les véhicules blindés FURIA et doit prochainement se lancer dans la production de drones.

Le dispositif s'étend aux frontières maritimes

Le renforcement du contrôle ne se limite pas à la frontière terrestre. La Marine dominicaine a également accru ses capacités de surveillance maritime aux extrémités nord et sud de la frontière avec Haïti.

Les opérations menées en mer visent notamment à protéger la souveraineté nationale et à lutter contre différentes activités illicites, parmi lesquelles la pêche illégale, la contrebande et le trafic d’êtres humains. Les autorités indiquent également vouloir renforcer la protection des vies humaines en mer et contribuer à la sécurité et à la stabilité des zones frontalières.

Carlos Antonio Fernández Onofre a annoncé que les patrouilles maritimes devraient continuer à s’intensifier à mesure que les nouveaux navires acquis par l’État dominicain seront progressivement mis en service.

« Nous avons également renforcé les patrouilles le long des frontières maritimes Nord et Sud avec les navires de la Marine dominicaine, et ce renforcement se poursuivra grâce à l’acquisition de toutes les unités de patrouille commandées et que nous recevons actuellement », a-t-il déclaré.

Quatre patrouilleurs hauturiers commandés au Portugal

Dans cette logique d’augmentation des capacités navales, le ministre de la Défense a également annoncé la signature, cette année, d’un accord entre la République dominicaine et le Portugal pour l’acquisition de quatre patrouilleurs hauturiers.

Ces bâtiments doivent permettre à la Marine dominicaine d’accroître ses capacités opérationnelles dans les eaux territoriales du pays ainsi que dans les zones maritimes frontalières internationales.

Avec le renforcement du mur frontalier, le déploiement de systèmes de vidéosurveillance et de drones, l’utilisation de moyens aériens et l’augmentation des capacités navales, Saint-Domingue poursuit ainsi une stratégie de contrôle multidimensionnelle de sa frontière avec Haïti.

Cette politique associe désormais infrastructures physiques, technologies de surveillance et moyens militaires afin de renforcer la capacité d’intervention des autorités dominicaines sur l’ensemble des espaces frontaliers, terrestres comme maritimes.

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