Nord-Est : quand l’agriculture s’effondre et que les institutions se perdent dans l’opacité. - ExplosionInfo

ExplosionInfo

Le Réseau de l'Information dans le département du Nord-Est d'Haiti.

Post Top Ad

Nord-Est : quand l’agriculture s’effondre et que les institutions se perdent dans l’opacité.

Share This


Alors que les paysans du Nord-Est peinent à produire, faute d’encadrement technique, de ressources, de gestion sérieuse et de transparence dans les institutions censées les soutenir, une coalition d’organisations rurales se mobilise pour dénoncer l’immobilisme, la mauvaise gouvernance et les dérives administratives qui paralysent depuis des années l’agriculture locale, transformant la crise agricole en véritable chaos socio-économique pour toute la région.
Ouanaminthe, Nord-Est — Une coalition d’organisations paysannes proches du parti Pitit Desalin a tenu, jeudi 27 novembre 2025, un sit-in devant les locaux de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) dans le département du Nord-Est à Ouanaminthe afin de réclamer l’ouverture d’une enquête sur la gestion de la Direction Départementale de l’Agriculture du Nord-Est. Les participants dénoncent un fonctionnement opaque des institutions agricoles et une absence chronique d’encadrement pour les producteurs locaux.

Munis de pancartes, les manifestants ont déposé une plainte et remis une pétition à l’ULCC. Ils affirment que la crise agricole persistante dans le Nord-Est s’explique en grande partie par une gestion qu’ils jugent désordonnée et inefficace. Plusieurs organisations rappellent que les paysans du département travaillent dans des conditions extrêmement précaires, sans appui technique ni ressources adaptées.

Les organisations paysannes reprochent aussi aux autorités leur incapacité à mettre en place un système de gestion cohérent des ressources agricoles. Le gaspillage, les retards dans la distribution de matériel et l’absence de suivi des projets financés sont régulièrement évoqués. Ces défaillances conduisent à un effondrement des rendements agricoles dans plusieurs zones du Nord-Est.

Le climat de méfiance entre les agriculteurs et les institutions s’est encore renforcé ces derniers mois, alimenté par les rumeurs, les frustrations et la perception d’un manque de transparence dans la gestion des fonds publics dédiés au secteur agricole. Pour certains, cette perte de confiance est devenue un obstacle plus grave encore que le manque de moyens.

Les revendications ne visent pas seulement une direction ou un responsable, mais l’ensemble du système agricole régional, considéré comme incapable de répondre aux défis actuels. Les organisations paysannes dénoncent un écroulement progressif du secteur, aggravé par la lenteur administrative, l’absence de suivi sur le terrain et la multiplication des projets annoncés mais jamais exécutés.

Cette mobilisation intervient alors que de nombreux agriculteurs décrivent une situation devenue insoutenable : manque d’outils modernes, absence de techniciens agricoles, difficultés d’irrigation et rendements en chute libre. Plusieurs habitants interrogés estiment que la région vit un effondrement agricole silencieux, passé sous silence par les autorités.

Interrogés par journal Explosionlnfo, certains citoyens affirment que la crise actuelle dépasse une simple querelle d’intérêts et traduit plutôt un dysfonctionnement profond du système agricole départemental. La méfiance s’installe, alimentée par le sentiment que les ressources publiques ne sont ni utilisées ni distribuées de manière transparente.

Les organisations paysannes appellent à un changement radical dans la gestion du secteur, réclamant un plan régional élaboré avec les producteurs eux-mêmes. Elles estiment que le redressement de l’agriculture du Nord-Est passe par une refondation complète des pratiques administratives.

Dans ce contexte, la construction du canal destiné à irriguer la plaine de Maribaroux, bien qu’importante, ne suffit pas à compenser l’absence de vision stratégique. Les paysans rappellent que l’eau seule ne résoudra pas la crise si les institutions continuent de fonctionner sans coordination ni accompagnement réel.

Et au final, malgré les infrastructures hydrauliques récemment construites, l’agriculture du Nord-Est continue de s’éroder. Le département possède les ressources, mais pas la gouvernance capable de les valoriser — un paradoxe tragique qui condamne les paysans à lutter seuls pour faire vivre la région.


Et pendant que la région suffoque sous la misère agricole, même le canal destiné à irriguer la plaine de Maribaroux ne parvient pas à compenser l’absence de vision, de coordination et de gestion cohérente. Le Nord-Est possède l’eau, la terre et la main-d’œuvre ; ce qu’il n’a pas, ce sont des institutions capables de transformer ces ressources en richesse collective.

ExplosionInfo Médias Actualités 

TRADUIRE

Post Bottom Ad

Pages