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À l’occasion de la commémoration du 223ᵉ anniversaire de l’Indépendance d’Haïti, Me Jesula Blanc, coordonnatrice de la Plateforme Genre du Nord-Est (PGNE), a livré un message fort mêlant devoir de mémoire, analyse critique du contexte socio-politique et plaidoyer en faveur d’une gouvernance responsable, inclusive et souveraine. Dans un discours marqué par la lucidité et l’engagement féministe, elle appelle à une rupture avec les pratiques ayant trahi l’idéal de 1804 et à la construction d’un nouvel horizon national fondé sur la justice, la paix et la participation des femmes.
En ce 1er janvier, date fondatrice de la Nation haïtienne, Me Jesula Blanc rappelle que l’Indépendance d’Haïti, conquise il y a 223 ans, est le fruit du courage, du sang et du sacrifice de femmes et d’hommes qui ont osé défier les puissances coloniales. Selon elle, cette victoire historique demeure un symbole universel de liberté, de dignité et de souveraineté pour le peuple haïtien.
Toutefois, célébrer l’Indépendance aujourd’hui impose, selon la coordonnatrice de la PGNE, un devoir de vérité et de lucidité. Elle déplore l’échec du Conseil présidentiel de transition, composé de neuf membres, incapable de restaurer la sécurité, de répondre aux attentes populaires et de tracer une voie crédible vers la stabilité politique.
Face à cette transition jugée avortée, Me Blanc plaide pour une refondation profonde du processus de gouvernance. La PGNE préconise une transition conduite par la Cour de cassation, l’organisation d’une conférence nationale inclusive, la mise en place d’un Conseil des sages et, à terme, l’instauration d’un gouvernement légitime issu d’élections crédibles, honnêtes, transparentes et inclusives.
Sur la question de la souveraineté nationale, Me Jesula Blanc rappelle que l’Indépendance d’Haïti a été conquise sans assistance extérieure. Elle appelle la communauté internationale à respecter cette souveraineté et à cesser toute ingérence dans les affaires internes du pays, estimant que les solutions imposées de l’extérieur manquent de légitimité populaire.
Abordant la crise sécuritaire, elle affirme que l’insécurité actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle met en cause la responsabilité historique de certaines élites économiques et politiques qui, selon elle, ont armé des jeunes au lieu d’investir dans leur éducation et leur avenir. Une dérive dont la population civile paie aujourd’hui le prix le plus lourd.
Me Blanc insiste sur les priorités nationales urgentes : le désarmement effectif, la réconciliation nationale, le dialogue inclusif, la lutte contre les violences basées sur le genre et la participation réelle des femmes dans les sphères de décision. Elle rappelle que la soupe joumou, symbole de l’Indépendance, incarne un combat quotidien pour la dignité, la justice sociale et le partage.
À l’aube de l’année 2026, la coordonnatrice de la PGNE formule le vœu d’une Haïti pacifiée, portée par un leadership responsable et une renaissance nationale fondée sur la résistance populaire et l’engagement des femmes, piliers essentiels de la société haïtienne.
Par sa parole ferme, engagée et porteuse d’espérance, Me Jesula Blanc s’affirme comme une voix incontournable du combat citoyen et féministe en Haïti, rappelant que l’esprit de 1804 demeure vivant chaque fois que le peuple, et en particulier les femmes, s’unissent pour défendre la souveraineté, la justice et l’avenir du pays.
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