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La Plate forme Genre du Nord-Est (PGNE), qui regroupe 55 organisations communautaires et sept réseaux de défense des droits humains, demande la libération immédiate ou, à défaut, la mise en liberté provisoire pour raisons médicales de Michèle Adrien Étienne, détenue depuis plus de cinq mois dans le cadre de l’enquête sur la mort de l’avocat Albert Joseph. L’organisation invoque l’absence d’éléments probants rendus publics, la présomption d’innocence et l’état de santé critique de la détenue, atteinte d’un cancer à un stade avancé.
Ouanaminthe, Nord-Est, 2 mars 2026. — La Plate forme Genre du Nord-Est (PGNE) lance un appel pressant aux autorités judiciaires et gouvernementales haïtiennes pour obtenir la libération immédiate et inconditionnelle de Michèle Adrien Étienne, incarcérée depuis plus de cinq mois.
Dans une note de plaidoyer adressée notamment au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, au ministre de la Santé publique, à la ministre à la Condition féminine, ainsi qu’aux responsables du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et du tribunal de première instance de Fort-Liberté, l’organisation de la société civile exprime sa « profonde préoccupation » face à la prolongation de la détention de la prévenue.
Michèle Adrien Étienne a été arrêtée au cabinet de son époux, l’avocat Gaston Étienne, bâtonnier en exercice du barreau de Fort-Liberté, dans le cadre de l’enquête sur le décès de l’avocat Albert Joseph. Selon la PGNE, aucun élément probant rendu public à ce jour ne démontrerait son implication directe dans les faits reprochés.
L’organisation affirme soutenir la recherche de la vérité dans cette affaire et appelle les autorités judiciaires à poursuivre les investigations afin d’identifier les véritables responsables.
Une détention jugée juridiquement contestable
Sur le plan juridique, la PGNE rappelle que la détention préventive doit demeurer une mesure exceptionnelle et ne peut constituer une peine anticipée. Elle souligne que les principes de présomption d’innocence, de procès équitable dans un délai raisonnable et d’interdiction des traitements inhumains ou dégradants sont garantis par le droit haïtien et les conventions internationales.
Selon la plate forme, le maintien en détention prolongée sans jugement, surtout dans un contexte de santé critique, pourrait constituer une atteinte grave aux droits fondamentaux.
La PGNE estime également que l’arrestation de Michèle Adrien Étienne soulève des interrogations quant au respect des critères juridiques justifiant une privation de liberté, notamment l’existence d’un risque de fuite, de pressions sur des témoins ou d’entrave à l’enquête.
Elle souligne par ailleurs que dans la même affaire, le pasteur Joseph Moïse, arrêté dans des circonstances similaires, a été remis en liberté tout en restant à la disposition de la justice, ce qui démontrerait l’existence d’alternatives à l’incarcération.
Une situation sanitaire préoccupante
Au-delà des arguments juridiques, la PGNE met en avant une urgence humanitaire. Selon l’organisation, Michèle Adrien Étienne souffre d’un cancer à un stade avancé et son état de santé se détériore progressivement.
La plate forme s’inquiète de l’accès insuffisant à des soins spécialisés en détention et estime que le maintien en prison d’une personne gravement malade n’est acceptable que si l’État peut garantir des soins médicaux appropriés.
Elle considère que la possibilité d’une assignation à résidence ou d’un contrôle judiciaire constituerait une alternative compatible avec les exigences de la procédure et le respect de la dignité humaine.
Appel aux autorités judiciaires
La PGNE demande ainsi au commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Fort-Liberté, Charles Édouard Durand, qui a ordonné l’arrestation, de procéder sans délai à la libération de la détenue.
À défaut d’une libération immédiate, l’organisation sollicite l’octroi d’une liberté provisoire pour raisons médicales, accompagnée des garanties jugées nécessaires par l’autorité judiciaire.
La plate forme demande également que l’intégrité physique et morale de Michèle Adrien Étienne soit assurée et que la procédure judiciaire se déroule dans le respect des principes fondamentaux du droit.
La PGNE affirme qu’elle restera mobilisée jusqu’à ce que « le droit, dans toute sa rigueur et dans toute son humanité, prévale ».
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