Carburant hors de contrôle à Ouanaminthe : stations scellées, fuite des responsables et colère populaire - ExplosionInfo

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Carburant hors de contrôle à Ouanaminthe : stations scellées, fuite des responsables et colère populaire

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Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation 
E-mail: cersine09@gmail.com 


Après un ultimatum de 48 heures imposé par les autorités du ministère du Commerce et de l’Industrie, une vaste opération de contrôle menée le 22 avril 2026 dans le Nord-Est d’Haïti a conduit à la fermeture sous scellés de plusieurs stations-service accusées de pratiquer des prix largement supérieurs au tarif officiel. Entre accusations de spéculation, pressions liées à l’insécurité et perturbations de l’approvisionnement, la crise du carburant expose les tensions croissantes entre l’État, les opérateurs économiques et une population déjà fragilisée.



Ouanaminthe (Haïti) — Plusieurs stations-service ont été mises sous scellés mercredi 22 avril 2026 à Ouanaminthe, dans le Nord-Est d’Haïti, à l’issue d’une opération de contrôle menée par les autorités du ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI). En cause : la vente de carburant à des prix jugés excessifs, supérieurs au tarif fixé par l’État.

Cette intervention fait suite à un délai de deux jours accordé par le directeur départemental du MCI, Lesly Théogène, pour se conformer à la grille tarifaire officielle. Selon les autorités, certains opérateurs continuaient de vendre le gallon d’essence jusqu’à 850 gourdes, contre 725 gourdes fixées par l’État.

L’opération a été menée en présence de plusieurs responsables institutionnels, dont le juge de paix Renaud Pierre, le délégué départemental Dionel Germain et le commissaire du gouvernement Elisma Florvil. Elle a abouti à la fermeture de plusieurs stations, notamment à Mapou, Canarie, Sans, Du-Haut et dans la zone de DEPE.

Selon des sources locales, plusieurs stations avaient déjà cessé leurs activités avant l’arrivée des autorités, certaines ayant été informées à l’avance du contrôle. Des pompistes et responsables auraient pris la fuite pour éviter d’éventuelles arrestations.
Une exception a toutefois été notée : une station située à Sans a échappé à la mise sous scellés après avoir accepté de vendre le carburant au prix réglementé, invoquant une panne technique temporaire.

Une crise alimentée par l’insécurité

Face aux accusations, certains propriétaires de stations avancent des contraintes liées à l’insécurité. Ils affirment devoir payer des sommes importantes à des groupes armés pour assurer le transport du carburant, souvent en provenance de Port-au-Prince. Une situation qui, selon eux, rend difficile le respect des prix officiels.

Plusieurs exploitants évoquent également des pertes financières et justifient la fermeture de leurs stations en attendant une amélioration des conditions d’approvisionnement.

Vers un durcissement des contrôles
Les autorités annoncent un renforcement des mesures dans les jours à venir. Elles prévoient notamment des opérations visant à interdire la vente informelle de carburant dans les rues. Toute personne interpellée sera interrogée sur l’origine du produit et son prix d’achat.

Colère et divisions au sein de la population

Dans la ville, la décision des autorités suscite des réactions contrastées. Certains habitants saluent une mesure nécessaire pour lutter contre la spéculation, appelant à des sanctions plus fermes contre les contrevenants.

D’autres dénoncent une situation plus complexe, liée à l’insécurité généralisée et aux difficultés d’approvisionnement, qui dépasse la seule responsabilité des opérateurs.

La crise du carburant à Ouanaminthe illustre ainsi les tensions profondes qui traversent le pays, entre régulation étatique, contraintes sécuritaires et réalités économiques locales.

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