Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation
E-mail: cersine09@gmail.com
À l’occasion de la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes, la Coordonnatrice de la PGNE alerte sur l’aggravation de la crise sécuritaire et politique en Haïti, marquée par des violences systématiques dont les femmes et les filles sont les principales victimes. Entre mémoire des luttes historiques et appel urgent à des réformes structurelles, ce discours met en lumière l’exigence d’un État légitime, d’une justice effective et d’une gouvernance inclusive, tout en réaffirmant la détermination du mouvement féministe à poursuivre son combat pour la dignité, la sécurité et l’égalité.
Nord'Est, 3 avril 2026 — À l’occasion de la Journée nationale du mouvement des femmes haïtiennes, la Coordonnatrice de la PGNE, Me Jésula Blanc, a livré un discours empreint d’émotion et de fermeté, rendant hommage aux figures historiques de la lutte féministe tout en dénonçant la dégradation alarmante de la situation actuelle en Haïti.
Chaque 3 avril commémore la mobilisation historique de 1986, lorsque des femmes haïtiennes sont descendues dans la rue pour réclamer justice, égalité et dignité. « Leur combat reste vivant en chacune de nous », a rappelé Me Blanc, soulignant l’héritage toujours présent de ces militantes.
Mais quarante ans plus tard, le constat est sombre. Haïti traverse, selon elle, « l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente ». Le pays est confronté à une crise multidimensionnelle marquée par la montée des violences, l’expansion des groupes armés et l’effondrement des institutions.
Les femmes et les filles paient le plus lourd tribut. Violences sexuelles utilisées comme armes de terreur, kidnappings, massacres : la situation sécuritaire est qualifiée de « systémique ». « Nos corps sont devenus des territoires de guerre », a dénoncé la Coordonnatrice, pointant également le contrôle de plusieurs zones par des gangs armés.
Face à cette réalité, l’organisation refuse le silence et interpelle directement les autorités. Elle dénonce l’impunité persistante, la corruption institutionnelle, les abus de pouvoir ainsi que l’absence de mesures concrètes pour protéger les populations vulnérables.
Dans un contexte préélectoral, Me Blanc insiste sur l’urgence de mettre en place un gouvernement légitime, capable de restaurer la sécurité et la confiance. Elle appelle à une volonté politique forte pour démanteler les réseaux criminels, renforcer le système judiciaire et garantir la protection effective des femmes.
Parmi les priorités avancées figurent la création de mécanismes d’urgence pour les victimes de violences, la mise en place d’unités spécialisées dans les crimes sexuels, ainsi que la participation pleine et entière des femmes aux processus politiques et de transition.
Le discours met également l’accent sur la nécessité de politiques publiques sensibles au genre et sur le soutien aux organisations féministes, décrites comme étant « en première ligne » dans l’accompagnement des victimes.
Malgré un contexte particulièrement difficile, le message se veut aussi porteur de résilience. « Le combat des femmes haïtiennes n’est pas terminé. Il se transforme, il s’adapte, mais il ne s’éteint jamais », a affirmé Me Blanc.
En conclusion, la Coordonnatrice a appelé à la solidarité, au courage et à la mobilisation collective, réaffirmant l’engagement du mouvement féministe à poursuivre la lutte pour les générations futures.
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