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Colère noire dans le Nord-Est : Les ouvriers de la CODEVI et de Caracol prêts à tout embraser pour leur survie !

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Éditorial 
Écrit par: Villardouin CERSINE Journaliste d'investigation.
E-mail: cersine09@gmail.com 

Face à l'explosion insupportable des prix du carburant et à l'indifférence systémique de l'État, les milliers de travailleurs du textile des parcs industriels de CODEVI et Caracol entament un bras de fer historique pour exiger un salaire minimum de 3 000 gourdes et la fin d'une précarité qui réduit les familles haïtiennes à une misère extrême.


HAÏTI, Nord-Est – Le département du Nord-Est est au bord de l'implosion sociale. Les syndicats ouvriers des deux poumons industriels de la région, la CODEVI et le parc de Caracol, annoncent une mobilisation d'envergure contre la vie chère et l'inaction gouvernementale.


Le mécontentement couve depuis l'annonce brutale de la hausse des prix des produits pétroliers. Pour les milliers d'ouvriers du textile, cette décision est l'étincelle de trop. Réunis au sein de leurs organisations syndicales, ils exigent désormais un ajustement radical du salaire minimum, demandant de passer des tarifs actuels à 3 000 gourdes par jour pour compenser l'inflation galopante.


La situation sur le terrain est déjà critique. Cette semaine, les chaînes de production de Ouanaminthe et de Caracol devraient s'arrêter. Les travailleurs entendent paralyser l'activité économique pour forcer l'État à sortir de son mutisme. « Nous ne pouvons plus vivre », confient plusieurs ouvriers au micro de médias locaux, décrivant un quotidien marqué par l'impossibilité de scolariser leurs enfants ou de se loger dignement.
La réalité comptable est implacable : avec un salaire quotidien effectif tournant autour de 300 gourdes, un ouvrier ne peut même pas s'offrir un demi-gallon de carburant, dont le prix culmine à 725 gourdes. Cette déconnexion totale entre les revenus et le coût de la vie plonge des familles entières dans une détresse absolue, là où le travail ne protège plus de la famine.

Le témoignage de Roseline X, employée depuis 13 ans à la CODEVI, illustre ce naufrage. Malgré une décennie de labeur, elle ne parvient pas à subvenir aux besoins de base de ses enfants. Ses questions, criantes de dignité, résonnent comme un réquisitoire contre un système qui exploite sans protéger, laissant les travailleurs sans accès à des soins de santé dignes ou à un logement décent.
Enfin, les grévistes pointent du doigt l'absence de retour sur leurs contributions fiscales. Si les ouvriers s'acquittent de leurs taxes comme l'exige la Constitution, ils dénoncent l'absence cruelle de services publics dans le Nord-Est. Entre des hôpitaux inexistants et des centres de santé sous-équipés, le sentiment d'abandon par l'État central est total, transformant cette revendication salariale en une véritable lutte pour les droits humains fondamentaux.

Le département du Nord-Est s'apprête à vivre une semaine de haute tension sociale. Les syndicats des parcs industriels CODEVI et Caracol ont officiellement lancé un appel à la mobilisation générale pour dénoncer la précarité extrême des travailleurs du textile.

Cette levée de boucliers fait suite à la décision du gouvernement d’augmenter brusquement le prix du carburant à la pompe. Pour les ouvriers, cette mesure est insupportable alors qu’ils perçoivent déjà ce qu’ils qualifient de « salaires de misère » au sein des usines.
L'objectif principal de ce mouvement est clair : contraindre l'État haïtien à réviser le salaire minimum à la hausse. Les manifestants réclament un plancher de 3 000 gourdes par jour, seul montant jugé capable de couvrir les besoins élémentaires face à l'inflation.

Les représentants syndicaux ont annoncé que les deux sites industriels majeurs de la région cesseront leurs activités dès cette semaine. Ce débrayage vise à paralyser la production pour attirer l'attention des autorités sur la détresse économique des ouvriers.

Dans les rues de Ouanaminthe, les témoignages recueillis par la presse locale sont poignants. De nombreux travailleurs affirment ne plus être en mesure de payer un loyer ou d'assurer les frais de scolarité de leurs enfants malgré de longues journées de travail.
Les chiffres soulignent une aberration économique flagrante. Alors que le salaire moyen perçu est de 300 gourdes par jour, le prix d'un gallon de carburant a grimpé à 725 gourdes, rendant même les déplacements pour se rendre au travail inaccessibles.

Roseline X, une ouvrière chevronnée totalisant 13 années d’ancienneté, témoigne de cette chute sociale. Elle explique que son salaire dérisoire ne lui permet plus d'offrir un logement convenable à sa famille, remettant en cause son droit à une vie digne.
À 37 ans, cette mère de famille s'interroge sur son avenir et celui de ses enfants. Elle déplore que le simple fait de se nourrir soit devenu un défi quotidien, transformant son existence en une lutte permanente pour la survie biologique.

Les ouvriers rappellent enfin qu'ils s'acquittent de leurs obligations fiscales conformément à la Constitution. En retour, ils exigent des services publics de base, notamment des hôpitaux dignes de ce nom, cruellement absents des zones de Ouanaminthe et de Fort-Liberté.


En laissant ces parcs industriels — vitrines de l'économie haïtienne — devenir les théâtres d'une exploitation quasi moyenâgeuse, l'État ne se contente pas d'ignorer la misère : il la finance par son inaction. Continuer à pressurer une population déjà exsangue par des hausses de taxes et de carburant, sans offrir la moindre garantie de santé ou d'éducation en retour, n'est plus de la gestion politique, c'est un suicide social prémédité. Si le gouvernement persiste à traiter les ouvriers du Nord-Est comme de simples variables d'ajustement comptable, il ne récoltera que les cendres d'une colère qu'il a lui-même attisée.


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