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À Fort-Liberté, Ferrier et dans plusieurs localités côtières du Nord-Est, un projet financé par le programme Ocean Community Empowerment and Nature, avec le soutien de l’agence UK International, entend améliorer les revenus des pêcheurs et des commerçantes de produits de la mer, renforcer la conservation des ressources marines et réduire les pertes après capture grâce notamment à la mise en place d’infrastructures de conservation et à la structuration des acteurs de la filière.
Dans le Nord-Est d’Haïti, les acteurs de la pêche artisanale font face à de nombreuses difficultés qui limitent leurs revenus et fragilisent l’ensemble de la chaîne de valeur. Manque d’organisation économique, faibles capacités techniques, infrastructures insuffisantes, difficultés de commercialisation et absence de chaîne du froid figurent parmi les principaux obstacles identifiés dans plusieurs communautés côtières.
C’est dans ce contexte qu’a été lancé le « Projet d’appui à la rentabilisation de la pêche artisanale au profit des pêcheurs et des commerçantes de produits de la pêche au niveau de deux zones côtières du Nord-Est : Fort-Liberté et Ferrier ». Mis en œuvre dans les localités de Dérac, Garde-Saline, Meillac et Mapoux, le projet est exécuté par le consortium GFRD-ACDDF-TKFW sur une période de deux ans.
Financé par le programme Ocean Community Empowerment and Nature, avec le soutien de l’agence UK International, le projet vise notamment à améliorer les conditions de production, de conservation et de commercialisation des produits de la pêche. Il cherche également à renforcer les capacités des communautés à gérer durablement les ressources naturelles et à mieux prendre en compte la biodiversité dans les activités de pêche artisanale.
Le programme cible directement 200 pêcheurs et vendeuses de produits de la pêche, répartis dans 80 ménages et issus de cinq organisations locales. Il s’agit notamment du Groupman Fanm Vanyan Gad Salin, de l’Organisation des pêcheurs de Garde-Saline, de l’Association des pêcheurs de Dérac, de l’Organisation des pêcheurs de Meillac et de l’Association des pêcheurs de Mapoux. Les responsables du projet estiment par ailleurs à environ 12 000 le nombre de bénéficiaires indirects.
L’un des principaux objectifs consiste à former 200 acteurs de la filière, dont 80 femmes, sur la gestion durable des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité. Le projet ambitionne également de renforcer la capacité productive de la chaîne de valeur à travers l’organisation des acteurs en coopératives ou en associations, tout en augmentant leurs revenus et leur chiffre d’affaires.
Au cours du deuxième trimestre, plusieurs activités ont été menées dans les communautés bénéficiaires. Le 14 juillet 2026, une formation consacrée à l’égalité des sexes dans le secteur de la pêche artisanale a réuni 50 pêcheurs et vendeuses de produits de la pêche issus des cinq organisations bénéficiaires. Organisée à Fort-Liberté, cette rencontre visait à mettre en évidence l’importance de la participation des femmes dans une activité économique où elles jouent notamment un rôle important dans la commercialisation des produits.
Le 27 juillet, une rencontre avec le comité de pilotage et le comité de mise en œuvre du projet a permis de faire le point sur les activités déjà réalisées. Cette réunion, Tenue dans les locaux du GFRD, elle devait aussi de recueillir les appréciations des membres du comité et leurs recommandations pour la poursuite du programme.
La protection des écosystèmes marins a également occupé une place importante dans les activités du trimestre. À l’occasion de la Journée mondiale maritime, célébrée le 24 septembre, environ 150 personnes ont participé à des activités de sensibilisation à Garde-Saline et à Mapoux. Parmi elles figuraient 108 élèves de l’École Baptiste et de l’Institution Père Ogé de Garde-Saline, ainsi que des pêcheurs et des commerçantes issus notamment des organisations de Meillac et de Mapoux.
Auprès des élèves, les équipes du GFRD ont insisté sur les conséquences de certaines pratiques de pêche considérées comme destructrices, notamment l’utilisation de la senne et des moustiquaires. Ces techniques peuvent capturer indistinctement les gros et les petits poissons et contribuer à la diminution des populations. Les participants ont également été sensibilisés aux effets des déchets plastiques sur le milieu marin et aux risques qu’ils représentent pour les poissons et les autres organismes aquatiques.
Les mangroves ont fait l’objet d’une attention particulière lors d’une visite guidée à Mapoux, dans la zone de Lagon-aux-Bœufs. L’objectif était notamment d’observer, de mesurer et de documenter l’état écologique des mangroves afin de mieux identifier les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes, parmi lesquelles la déforestation, les déchets, les constructions, la coupe de bois et certaines activités de pêche. Les mangroves constituent notamment des zones de refuge, de reproduction et de développement pour de nombreuses espèces.
L’un des temps forts du trimestre a été l’inauguration, le 29 septembre, de trois unités de production de glace. Installées à Garde-Saline, Dérac et Meillac/Mapoux, ces infrastructures doivent permettre aux pêcheurs et aux commerçantes de mieux conserver leurs produits après la capture et, à terme, de réduire les pertes et d’améliorer leurs revenus. Environ 200 personnes ont participé aux différentes cérémonies, dont des pêcheurs et commerçantes et une dizaine de représentants des autorités étatiques et religieuses.
À Garde-Saline, l’unité destinée aux organisations locales comprend notamment neuf panneaux solaires de 500 watts, une batterie au lithium de 5,12 kilowatts, un onduleur hybride de 48 volts, un régulateur, un parafoudre et différents accessoires nécessaires à la production d’énergie. Elle dispose également d’une machine à glace, de deux congélateurs de 5,5 pieds et de quatre glacières de type igloo. Les unités de Dérac et de Meillac/Mapoux bénéficient d’équipements similaires, avec notamment six panneaux solaires de 730 watts pour chacune d’elles.
Les trois inaugurations ont été organisées successivement le 29 septembre. La cérémonie de Garde-Saline s’est déroulée de 10 heures à midi, celle de Dérac de 13 heures à 15 heures et celle de Meillac/Mapoux de 16 heures à 18 heures. Une quatrième unité devait initialement être inaugurée à Ouanaminthe, dans les locaux du GFRD, afin de desservir les commerçantes de poissons de la ville. Cette inauguration a toutefois été reportée en raison de l’indisponibilité d’une machine à glace sur le marché.
Pour le troisième trimestre, prévu d’octobre à décembre 2026, le projet entend poursuivre ses interventions auprès des acteurs de la filière. Quatre grandes activités sont annoncées : une formation sur la gestion de la chaîne du froid et les stratégies de marketing, des ateliers consacrés à la création de coopératives, la structuration et la formalisation de ces coopératives, ainsi que des séances de sensibilisation dans les écoles sur l’équité de genre, l’égalité entre les sexes et les violences basées sur le genre en lien avec la pêche artisanale.
À travers ces différentes interventions, le projet entend agir à la fois sur les revenus des communautés, la conservation des produits de la pêche et la protection des écosystèmes marins. Dans les zones côtières ciblées du Nord-Est, l’enjeu est désormais de transformer les infrastructures et les formations mises en place en activités économiques durables, tout en encourageant des pratiques de pêche compatibles avec la préservation des ressources naturelles.
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