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À l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, le commissaire du gouvernement et le doyen du Tribunal civil de première instance de Fort-Liberté ont livré leurs principaux constats et priorités. Entre appel à l’intégrité dans la profession, bilan du parquet, sécurité des avocats, lutte contre la détention préventive prolongée et contestations persistantes autour du nouveau doyen, la cérémonie a mis en lumière les principaux défis auxquels demeure confrontée la justice dans le Nord-Est.
La cérémonie officielle d’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027 s’est tenue lundi 5 octobre 2026 dans la salle d’audience numéro 1 du Tribunal civil de première instance de Fort-Liberté, en présence de plusieurs acteurs politiques, judiciaires et policiers, ainsi que de représentants du barreau, de la société civile et du personnel de l’appareil judiciaire.
À cette occasion, le bâtonnier du Conseil de l’Ordre des avocats de la juridiction de Fort-Liberté, Me Gaston Étienne, a appelé les membres de la profession à faire preuve d’honnêteté et d’intégrité dans l’exercice de leurs fonctions.
Me Gaston Étienne a notamment insisté sur la nécessité de préserver la justice de toute instrumentalisation. Selon lui, elle ne saurait être utilisée comme un moyen de vengeance, de pression ou d’enrichissement personnel.
Le bâtonnier a également mis en garde contre toute conception de la justice comme une marchandise ou une activité commerciale. À ses yeux, la justice doit avant tout demeurer un service destiné à la population et guidé par la recherche de la vérité.
« Lorsque la justice s’éloigne de la vérité, ce sont les citoyens qui en paient les conséquences », a déclaré Me Gaston Étienne, rappelant que la recherche de la vérité doit constituer l’une des principales missions des institutions judiciaires.
Le commissaire du gouvernement près le parquet de Fort-Liberté, Me Charles Édouard Durand, a, de son côté, présenté le bilan des activités menées par le parquet au cours de l’année judiciaire 2025-2026. Il a également exposé certaines des perspectives retenues pour le nouvel exercice judiciaire.
Dans son intervention, Me Charles Édouard Durand a rendu hommage aux avocats décédés ainsi qu’à ceux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. Il a souligné l’importance de leur contribution au fonctionnement de la justice.
Le commissaire du gouvernement a par ailleurs plaidé pour un renforcement des garanties de sécurité accordées aux avocats. Il estime que ces professionnels doivent pouvoir exercer leur métier dans des conditions sûres et sans être exposés à des menaces ou à des risques susceptibles d’entraver leur travail.
La cérémonie s’est déroulée conformément aux dispositions du décret du 22 août 1995 relatif à l’organisation judiciaire et à son fonctionnement. Ce texte prévoit que la rentrée judiciaire intervient chaque premier lundi du mois d’octobre.
Prenant la parole à son tour, le doyen du Tribunal civil de première instance de Fort-Liberté, Me Wilfrid Brutus, a reconnu ne pas avoir été en mesure de présenter, lors de la cérémonie, un bilan complet des activités de son décanat pour l’année écoulée.
Me Wilfrid Brutus a toutefois assuré que ce bilan serait rendu disponible ultérieurement, afin de permettre notamment un travail conjoint avec le barreau de Fort-Liberté et les autres acteurs concernés par le fonctionnement de la justice.
Le nouveau doyen conteste a également exprimé sa volonté de renforcer la collaboration entre les différentes composantes du système judiciaire. Il a notamment évoqué la nécessité de trouver une réponse durable au problème de la détention préventive prolongée dans la juridiction de Fort-Liberté.
Malgré cette rentrée judiciaire officielle, la nomination de Me Wilfrid Brutus continue toutefois de susciter des contestations dans une partie de la population. Des avocats, des citoyens et certaines organisations lui reprochent, selon leurs déclarations, des faits présumés de corruption liés à l’exercice de ses fonctions judiciaires.
Les protestataires affirment notamment que Me Wilfrid Brutus aurait déjà été associé à des actes de corruption lorsqu’il travaillait au parquet. Ces accusations restent cependant, à ce stade, des allégations formulées par des contestataires et ne constituent pas une constatation judiciaire établie.
La rentrée judiciaire 2026-2027 s’ouvre ainsi à Fort-Liberté sur des appels à l’intégrité, à la sécurité et à une meilleure coopération entre les acteurs de la justice, dans un contexte marqué par des défis persistants et des controverses autour de la nouvelle direction du tribunal.
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