Par: Abdel Abellard
Ce 28 octobre 2026, les yeux de toute la
nation haïtienne, sans distinction, étaient rivés vers les écrans de Londres
pour suivre les résultats du Ballon d'Or 2026. Une fois de plus,
l'enfant du pays, le chouchou de la nation et pure création du Centre de
Formation FIFA Goal de la Croix-des-Bouquets, a fait briller nos couleurs :
Melchie Daëlle Dumornay, dite "Corventina", s'est
hissée à la 4ᵉ place mondiale de cette prestigieuse distinction individuelle.
Derrière cette consécration mondiale se
cachent d'immenses sacrifices, un travail acharné, une détermination sans
faille et une discipline exemplaire.
Cependant, il est impossible de célébrer les
succès du football haïtien, qu'il s'agisse de cette nomination au Ballon
d'Or, des qualifications en Coupe du Monde ou encore des exploits
mémorables face à nos voisins régionaux, sans saluer le dévouement de toute une
équipe d'hommes et de femmes visionnaires. Hommage aux directions successives
de la Fédération Haïtienne de Football et au personnel du Centre de
Formation FIFA Goal de la Croix-des-Bouquets, qui ont su bâtir des
generations de footballeuses d'élite capables de rivaliser avec les plus grands
centres de formation mondiaux comme le FC Barcelone, le Real Madrid, le
Paris Saint-Germain (PSG) et j’en passe. Ces réussites apportent une fierté
inestimable et de l’espoir pour toute une nation.
Pourtant, au milieu de ces réjouissances et de
ces succès internationaux, un devoir de mémoire et de réflexion s'impose.
Aujourd'hui, le Centre de Formation FIFA Goal de la Croix-des-Bouquets,
ce moule qui a façonné nos stars, se trouve à l'abandon, occupé par des groupes
armés. Les rongeurs et les mauvaises herbes y ont élu domicile, tandis que la
poussière et les impacts de balles détruisent cette infrastructure
emblématique.
Dans tous les coins du pays, de Ouanaminthe
jusqu'a “Les Irois”, une génération de milliers d'enfants très talentueux rêve
de suivre cette voie. Aujourd’hui, Il existe en Haïti d'innombrables Melchie
Daëlle Dumornay en herbe, des talents bruts comme les Sherley Jeudi,
Nérilia Mondésir, Batcheba Louis (BL7), Roselord Borgella, Lourdjina Étienne,
Jennyfer Limage, Tabita Joseph, Ruthny Mathurin, Betina Petit-Frère, Maudeline
Moryl, Dayana Pierre-Louis ou Nahomie Ambroise. Mais tragiquement, cette
nouvelle génération d'enfants est privée de structures adéquates pour grandir,
s'épanouir et s'émanciper.
Quelle faute ont commis ces enfants pour payer
un prix aussi lourd ? La réalité est sans appel : les armes, physiques ou
invisibles, sont pointées sur la population, sur nos enfants. Aujourd'hui, les
armes des haïtiens sont utilisées contre leurs propres compatriotes. Ce sont
les plus vulnérables qui écopent, les jeunes diplômés et les talents
prometteurs qui voient leurs perspectives d'avenir et leurs rêves brisés.
Il ne s'agit pas ici de refaire l'histoire des
échecs du passé. L'heure est venue de dire « Trop c'est trop » et d'exiger une
prise de conscience collective pour ne plus traîner notre dignité dans la boue.
Chaque citoyen doit désormais se poser cette question essentielle : Quelle
empreinte positive vais-je laisser à ce pays pour que mon nom s'inscrive
honorablement dans l'Histoire ?
Nous lançons un appel solennel aux leaders
actuels et émergents pour qu'ils prennent leurs responsabilités. Le sport n'est
pas un simple divertissement mais plutôt un pilier fondamental de formation de
la jeunesse, un levier économique majeur à l'échelle mondiale et un moteur de
développement économique. Grâce à la volonté et au talent de nos jeunes
athlètes, Haïti a prouvé qu'elle pouvait tutoyer les sommets dès lors qu'on lui
en donne un peu d’opportunités.
Nous n'avons pas d'autre choix que de
reconquérir nos espaces, de reconstruire nos infrastructures et de raviver
l'espoir. Travaillons ensemble pour que la jeunesse haïtienne continue de
rêver, et pour qu'Haïti continue de briller aux yeux du monde !
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