Par : Rédaction ExplosionInfo
Face aux défis structurels qui fragilisent l'accès à une instruction de qualité, le ministère de l'Éducation nationale, l'Unesco et l'Union européenne unissent leurs forces à travers un projet pilote de planification opérationnelle visant à moderniser le pilotage des écoles publiques et privées, en incluant pour la première fois l'ensemble des acteurs de terrain, des directions techniques aux syndicats d'enseignants.
En Haïti, la modernisation du système éducatif passe désormais par une décentralisation accrue et une meilleure gestion des structures régionales. C'est dans cette optique qu'un atelier crucial de planification opérationnelle s'est ouvert ce lundi 6 juillet 2026. Consacré au renforcement de la gouvernance et du pilotage scolaire dans le département du Nord-Est, cet événement a réuni les cadres du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), sous la direction du directeur général du ministère, Osny Jean-Marie.
Financé par l’Union européenne et exécuté par l’Unesco, ce projet ambitieux vise à corriger les faiblesses managériales qui handicapent les écoles de la région.
Durant les travaux, les représentants des principales directions techniques de l'État — de la planification à l'enseignement fondamental, en passant par l'appui au secteur privé et l'adaptation sociale — ont croisé leurs analyses. L'objectif est de concevoir des outils statistiques et de pilotage informatique plus performants pour rationaliser les ressources disponibles.
L'implication des agences onusiennes apporte une expertise technique indispensable dans un pays où les infrastructures scolaires restent précaires. Erick Volibi, représentant de l’Unesco, a ainsi partagé les standards internationaux et les modèles de réussite applicables au contexte haïtien.
Il a insisté sur le fait que la pérennité des réformes dépendra avant tout d’une coordination rigoureuse et transparente entre les autorités publiques et les bailleurs de fonds internationaux.
Sur le terrain, la réussite de ce plan global repose sur l'appropriation des réformes par la communauté éducative locale. Luckner Mompremier, le directeur départemental de l’éducation du Nord-Est, a rappelé avec insistance que l'administration ne pourra pas avancer seule. Selon lui, l'intégration active des directeurs d'écoles, des enseignants et des organisations syndicales constitue le seul véritable rempart contre l'échec opérationnel des nouvelles directives.
Cet atelier pose ainsi les premiers jalons d’une gouvernance que le ministère souhaite plus inclusive et participative.
Dans un département du Nord-Est frontalier et stratégique, le succès de cette refonte administrative pourrait servir de modèle de décentralisation pour le reste du pays, alors que le système éducatif haïtien cherche à se relever de crises socio-économiques répétées.
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